Le monde du théâtre accessible aux jeunes dès dix francs

Robert Bouvier, directeur du Théâtre du Passage à Neuchâtel, souhaite ouvrir le monde du théâtre aux jeunes. Son astuce : le « Pass’jeune », disponible pour les jeunes au prix de dix francs dès la saison 2018-2019, permettant ensuite d’accéder à tous les spectacles de la saison pour dix francs.

Photographie : © Théâtre du Passage

 

Les jeunes ne se rendent pas fréquemment au théâtre. C’est une réalité difficile pour le directeur du Théâtre du Passage, Robert Bouvier : « notre rêve est d’avoir davantage de jeunes car beaucoup de spectacles leur sont destinés ».

Une manière d’attirer les jeunes est le Pass’jeune, abonnement existant depuis une douzaine d’années. Cet abonnement spécial pour les jeunes a connu des fréquentations plutôt stables depuis la création du théâtre. Coûtant d’abord 160 francs permettant l’accès à huit spectacles en 2003, il est depuis 2009 au prix de 50 francs pour ensuite accéder à chaque spectacle pour dix francs. Dès la saison 2018-2019, il sera disponible au prix de 10 francs pour les étudiants et les apprentis de moins de vingt-cinq ans vivant dans une commune faisant partie du syndicat subventionnant le Passage. Chaque spectacle de la saison est ensuite accessible au prix de dix francs. Pourtant, seule une petite centaine de jeunes acquièrent cet abonnement chaque saison. Selon Robert Bouvier, « ce Pass’jeune n’est pas assez connu. Pour moi c’est un crève-cœur lorsqu’un spectacle s’adresse aux jeunes mais que ceux-ci ne répondent pas présents. »

De plus, le Théâtre du Passage n’est pas subventionné par le canton de Neuchâtel mais exclusivement par un syndicat constitué de plusieurs communes : Bevaix, Cortaillod, Milvignes, Boudry, Georgier – Chez-le-Bart, Neuchâtel, Corcelles – Cormondrèche, Hauterive, Peseux, Cornaux, La Tène et Saint-Blaise. L’objectif de ce Pass’jeuneau prix de dix francs permet également au Passage de rester attractif pour ces communes du syndicat qui bénéficient de plusieurs avantages, tels que des réductions sur les abonnements. Peu élevées, les subventions de ce syndicat ne paient que le loyer du théâtre, les salaires, les assurances, etc. Pourtant, les cachets des spectacles doivent être compensés par les recettes.

Les offres proposées par le Théâtre du Passage ne sont donc pas assez connues des spectateurs potentiels. Lors de la saison 2017-2018, des spectacles en italien ont été programmés mais n’ont connu que vingt pourcents de fréquentation. Quant au concept du « Passage de midi » entre 12h15 et 13h, il permet de vivre sa pause de midi de manière originale : on peut y voir des conférences, des spectacles ou encore des concerts de tango ou de musique classique. Le prix de l’entrée se trouve entre zéro et dix francs.

Lorsqu’on se rend au théâtre, l’impression qu’il n’est fréquenté que par une certaine catégorie sociale est relevée par Robert Bouvier : « j’ai peur que les gens se fassent une idée caricaturale du théâtre, qui ne serait destiné qu’aux bourgeois, aux vieux, aux riches. » C’est un phénomène de société qu’on remarque dans de nombreux théâtres : c’est souvent à la retraite qu’on prend le temps d’aller au théâtre. Pourtant, la moyenne d’âge au Théâtre du Passage a rajeuni au cours des dernières années. De plus, malgré les idées reçues, nous pouvons croiser au Passage toutes les catégories sociales grâce à la programmation très éclectique des spectacles.

Pour le comédien qu’est Monsieur Bouvier, « le théâtre ouvre des horizons, aide à réfléchir, donne du courage, du baume au cœur et de la fantaisie ; socialement, il permet de mieux dialoguer ».

Caroline Bannwart

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