Lady Bird, chronique d’une adolescence banale

Encensé par les critiques et auréolé de 2 Golden Globes, Lady Bird, nominé dans 5 catégories aux Oscars mais reparti bredouille, n’a pas fait de hold-up. (image : internet)

Pari gagnant pour Greta Gerwig qui signe avec Lady Bird son premier long-métrage à succès. A juste 34 ans, la réalisatrice américaine s’est imposée durant ces dernières semaines comme une étoile montante du cinéma américain indépendant. Si le sujet de son film – passage de l’adolescence au monde adulte – reste banal et déjà vu, Lady Bird charme par sa simplicité, son esthétisme et son casting.

« Moi c’est Lady Bird »
Christine McPherson alias « Lady Bird », jeune fille tourmentée par les impératifs auxquels sont confrontés tous les adolescents – l’autorité parentale, les premiers émois amoureux, la recherche d’affection, les soucis financiers – rêve d’évasion et d’ailleurs loin, très loin de Sacramento en Californie. En constant conflit avec sa mère, la jeune fille met un point d’honneur à ne pas lui ressembler. Porté à l’écran par l’actrice irlandaise Saoirse Ronan (connue pour avoir joué dans Brooklyn et The Grand Budapest Hotel), le personnage de Christine fait osciller le spectateur entre attachement et énervement. Attachement parce que Lady Bird symbolise avec brio et justesse le doute qui traverse chaque ado en quête d’aventures amoureuses, de légitimité et d’émancipation. Mais Christine agace également pour son ingratitude, son besoin constant d’amour puis d’éloignement maternel ou encore la honte qu’elle éprouve à l’égard de sa famille qui se sacrifie pourtant pour lui payer ses études.

Un sujet moult fois traité
L’intrigue de Lady Bird ne plonge pas le téléspectateur dans un scénario fondamentalement original. Si Greta Gerwig dépeint avec authenticité le quotidien tourmenté d’une lycéenne, laissant paradoxalement envisager un film autobiographique, la réalisatrice tombe parfois dans la caricature et le cliché. On aurait ainsi aimé que la psychologie de certains des personnages soit plus développée à l’instar de Julianne Steffans alias « Julie », la meilleure amie de Lady Bird. On peut aussi regretter la brièveté avec laquelle le film aborde la relation conflictuelle entre mère et fille – engueulades par-ci, trêves, engueulades par-là, pardon et rédemption. L’homosexualité ou encore le besoin inexorable des ados de plaire à leurs pairs sont autant de sujets qui restent en surface.
Si Lady Bird laisse un goût d’inachevé à la sortie, le film a néanmoins le mérite d’aborder des thématiques qui parlent à tous ceux, et surtout à toutes celles qui ont vécu une adolescence tumultueuse, parce qu’au travers de Lady Bird, c’est finalement une ode à la femme que nous propose Greta Gerwig.

Sorti le 28 février 2018, Lady Bird est actuellement à découvrir sur grand-écran.

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E.A.

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