Réparer plutôt que racheter ?

Du 5 au 9 mars se tient la première édition de la Semaine de la durabilité organisée par des étudiants de l’Université de Neuchâtel. Des activités au sein de l’enceinte de l’Université ainsi qu’au Centre-ville ont pour but d’encourager la réflexion concernant notre impact sur l’environnement et de proposer des pistes afin de le réduire. Cet évènement n’est pas en marge et s’ajoute à d’autres projets déjà en place à Neuchâtel tel que « Ne jetez plus, réparez ! ».

Illustration : Damien Leuba

Début 2018, cinq communes genevoises se sont jointes au projet « Réparer plutôt que jeter » qui comptait déjà parmi lui Genève, Carouge et Bernex. Mais, le canton de Neuchâtel n’est pas en reste et la campagne « Ne jetez plus, réparez ! » est bien installée. Ce projet est le fruit d’une collaboration entre la ville de Neuchâtel et la Fédération romande des Consommateurs (FRC).

Le but du projet est de fournir un répertoire d’adresses dans lequel trouver des artisans ou spécialistes capables de réparer nos objets. Vêtements, vélos, électroménagers, chaussures, électroniques, informatique, téléphone, meubles : tout semble réparable ! Terminé l’obsolescence programmée. Les individus auront alors une consommation plus responsable et le gaspillage sera limité. Une influence positive sur l’économie locale et la préservation de l’environnement, que des bons points ! Mais peut-on vraiment lutter contre les petits prix du neuf ?

Des petits prix difficiles à concurrencer

Réparer est parfois plus couteux que jeter et racheter. Alors que les grandes enseignes de vêtements proposent des jeans à 14.95 CHF, se rendre chez la couturière pour poser une nouvelle fermeture-éclaire coutera certainement tout aussi cher. Les petits prix que proposent certaines enseignes sont imbattables et la réparation est une option parfois peu envisageable. Eva Salvi, étudiante à l’UNINE : « Je fais parfois réparer mon ordinateur et mon téléphone car ce sont des objets qui coutent chers. En ce qui concerne les objets meilleur marché, par exemple les habits, je trouve que ça ne vaut pas forcément la peine. Je ne fais réparer que si la réparation coute moins cher que l’objet. Par contre, si les habits étaient plus couteux, j’aurais moins tendance à racheter du neuf ». C’est pour cette raison que « Ne jetez plus, réparez ! » propose tout un mode de vie. Le projet promeut des achats d’une qualité supérieure qui pourra justifier leur remise en état, mais aussi donne une liste d’endroits où trouver des manuels et des pièces détachées afin de réparer soi-même. Il y a une volonté de prendre le temps : les adeptes de la réparation vont se donner la peine de remettre en état leurs objets alors que jeter et racheter serait plus simple. Réparer par soi-même est un investissement en temps, mais cela apporte aussi de la satisfaction.

Une option : les Repair Café

Par ailleurs, une autre possibilité est proposée : les Repair Café. Cinq fois durant l’année, à Neuchâtel au « Garage », ainsi que dans d’autres communes en Suisse, on nous propose de « donner une seconde vie à nos objets défectueux sous l’œil averti de réparateurs ». Le principe est simple : accueillir les personnes désirant réparer un objet afin qu’elles le fassent un maximum par elles-mêmes, dans un cadre sécurisé. Des bénévoles sont présents afin d’aider ou parfois, dans les cas compliqués, pour effectuer la réparation tout en expliquant le fonctionnement de l’appareil. Tout service est à prix libre, c’est-à-dire que chacun donne ce qu’il veut, selon ses estimations, ou ce qu’il peut, selon ses moyens financiers. Les réparateurs et aides sont bénévoles, mais il y a tout de même des couts : la location du local, l’impression d’affiches et de flyers et l’achat du matériel. Une bonne alternative pour les individus ayant peu de moyen ou désireux d’apprendre à réparer eux-mêmes. Prochaine date prévue pour Neuchâtel : le 25 mars.

Géraldine Overney

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