Rome à l’heure des élections.

Les Romains se sont rendus dans les écoles publiques afin de renouveler leur parlement ce dimanche 4 mars. Ces élections, qu’une grande partie des médias considèrent comme cruciales, sont imprévisibles : de la gauche à la droite, en passant par le M5S (Mouvement 5 étoiles), difficile de prédire une majorité voulue à 40% des voix. Et les premiers résultats sont clairs : aucune majorité n’émerge de ces législatives. Reportage à Rome, où plane une atmosphère morne, presque lourde.

Photos: Théophile Bloudanis

Dimanche 4 mars, jour des élections.

Dans le quartier de Pigneto, au nord-est de la capitale Italienne, une dizaine de personnes attendent devant les portes d’une petite école. Des petits groupes discutent en cercle, aux gestes vifs et à la voix haute. On entend « Berlusconi », « Forza Italia » ou « Matteo Renzi ». Un jeune homme confie en sortant du bureau de vote : « Je ne sais pas. J’ai voté, maintenant on verra. Les gens vont voter, mais sans volonté, sans vraiment de conviction. Et ça peut être dangereux ». Ne voulant pas être photographié, il s’éloigne. En effet, les sondages estiment que près de 33% de personnes vont s’abstenir.

Plus loin, dans le quartier de Lodi, via la Spezia, près des magasins ouverts, des petits groupes se forment et discutent, pour la plupart des personnes âgées. Il est à remarquer une présence policière conséquente dans les bureaux de vote. Même scène dans le quartier de Re di Roma, via Bobbio, à la différence que plus de monde se trouve dans les magasins environnants que devant le bureau de votes. Même si cette campagne est qualifiée de « vide abyssal » par les médias, il n’en reste pas moins que la vie continue dans la capitale italienne. Le soir, en attendant les premières projections, un serveur confie : « Moi, j’en ai marre. Les partis classiques ont trop déçu et on vient de passer plusieurs années horribles pour l’Italie ! Le M5S a toutes les chances de gagner et de former cette coalition ! ».

Dans une plus large mesure, l’impression de ce dimanche 4 mars dans la ville de Rome est celle du « Désert des Tartares » de Dino Buzzati : les gens attendent que ça passe, que quelque chose arrive après cette campagne empreinte d’incertitude et de monotonie.

Lundi 5 mars.

Le lendemain, les premiers résultats ne sont pas moins clairs : le MS5 réalise un score qui atteint les 30% et devient le premier parti d’Italie. Quant à la coalition de droite, elle devance le mouvement, sans parvenir à atteindre les 40% nécessaire à la majorité et donc à la formation d’un gouvernement. Dans cette coalition de droite, la Ligue du Nord remporte un score très élevé. Plus généralement, les partis populistes, combinés, réalisent un score qui atteint 50% des suffrages exprimés. « Ça n’a pas changé évidemment. Entre le M5S et la Ligue du Nord, ils ne vont pas réussir à faire une coalition quelconque. En plus, ce sont des partis populistes, ce qui n’améliore pas notre image auprès de l’Europe. Notre désillusion continue et on attend toujours » confie un cafetier sur la via del Pigneto. L’Italie se prépare à de longues discussions pour former son gouvernement, en y ajoutant les mouvements populistes qui, ailleurs en Europe, n’ont pas réussi à percer.

TheBlue, Rome.

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