Des pins parasols à Neuchâtel

Un petit air de sud à Neuchâtel. Chaque année, le Service des parcs et promenades abat les arbres endommagés et replante un nombre supérieur de végétaux. Cette année, c’est le pin parasol qui a été choisi afin de remplacer une partie des arbres abimés se trouvant au bord du lac. Cet arbre pousse d’ordinaire dans le bassin méditerranéen, alors quelles sont les raisons qui l’ont amené ici ?

En ce début d’année 2018, quarante arbres malades, trop vieux ou blessés ont été abattus. Cette coupe induit la plantation d’un nombre équivalent ou supérieur de jeunes végétaux. Le Service des parcs et promenade a opté pour des pins parasol au bord du lac, aux alentours du Port de Serrières. Ce choix peut sembler étrange car le pin parasol est un conifère qui pousse généralement dans le bassin méditerranéen.

Un arbre adapté au climat neuchâtelois

Les changements climatiques, notamment les pics de chaleur et un ensoleillement plus présent, se font sentir et les espèces habituelles en pâtissent : « Cela fait maintenant depuis 2003 que nous avons quelques soucis avec certaines essences indigènes qui ont été prônées durant les années 90 et 2000. Nous avons remarqué qu’en ville, dans des situations très difficiles, il y a pas mal de dégâts sur ces arbres. », explique Eddy Macuglia, contremaître en charge de la gestion du patrimoine arboré. Les villes possèdent une réverbération importante et emmagasinent beaucoup de chaleur ce qui provoque des échaudures : les troncs des arbres éclatent en plein été à cause d’une surchauffe des cellules se trouvant sous l’écorce. Le Service des parcs et promenades a donc opté pour des espèces provenant d’autres latitudes et plus résistantes aux conditions actuelles. Le pin parasol semble un bon choix : « ces conifères appelés à grandir s’intègrent bien dans le paysage, entre zone construite et rives du lac, et se révèlent résistants à la vie en ville dans un contexte d’évolution climatique », explique Vincent Desprez, chef du Service des parcs et promenades. Eddy Macuglia précise : « c’est une essence qui reste verte toute l’année. De plus, ces arbres sont adaptés à des environnements très chauds, mais ils supportent aussi des températures négatives. ».

Ce ne sont pas les premiers pins parasols sur Neuchâtel et ces végétaux semblent avoir un avenir prometteur. Eddy Macugila : « Notre emploi de gestionnaires nous permet aussi d’avoir accès aux jardins privés et souvent on apprend bien des choses. Sur Neuchâtel, il y a des pins parasols qui ont déjà une trentaine d’années en tout cas. Ces pins se portent bien, nous avons donc pris exemple sur ce qui était déjà en place. ».

Le paysage ne sera pas bouleversé pour autant. Le Service des parcs et promenades a décidé de rester dans des genres d’arbres communs. C’est au niveau des espèces qu’il va y avoir des changements. La différence ne sera donc pas flagrante et il ne faut pas s’attendre à voir des palmiers sur le bord du lac durant ces prochaines années.

Fini la monoculture

Par ailleurs, le Service des parcs et promenades souhaite une diversification des essences. Fini la monoculture ! La plantation d’une seule espèce dans un même endroit est un facteur de propagation des maladies. « Si on a un problème sur une essence qui représente 30 ou 40% des arbres qui sont en ville, cela pose de gros soucis. Depuis longtemps, les dangers de la monoculture sont connus et nous devons les prendre en compte. », commente le contremaître en charge de la gestion du patrimoine arboré. C’est pourquoi le nouveau parking P+R arbore désormais un mélange de végétation : des ginkos, des platanes et des aulnes.

 

Géraldine Overney

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *