À la recherche de chauves-souris.

Une fois par année, le Centre de Coordination Ouest (CCO) pour l’étude et la protection des chauves-souris, organise un recensement de ces dernières dans leurs principaux lieux d’hibernation. Dans le canton du Jura, cette organisation réunit des experts qui se rendent dans la grotte de Réclère vers la frontière française ainsi qu’à Sainte Ursanne, où ils répertorient le nombre et l’espèce de chauve-souris présentes. Reportage au cœur de cette recherche avec Maël Theubet, étudiant à l’univesité de Neuchâtel et Michel Blant, expert et responsable du CCO-Jura.

Photos: Théophile Bloudanis

Dans la grotte.

Inaccessible aux visiteurs pendant la période hivernale, la grotte de Réclère est plongée dans l’obscurité la plus totale à partir du mois de novembre, jusqu’au mois de mars. La principale raison de cette inactivité sont les chauves-souris qui hibernent dans cette grotte. Mis à part les entrées artificielles des visiteurs, un gouffre de 16 mètres permet à ces petits mammifères d’entrer dans la grotte pour y attendre le printemps. Munis de lampes torches et de casques, les membres du CCO-Jura s’engouffrent dans la grotte pour chercher de petites « taches » suspendues aux parois humides de la caverne. Après vérification, ils en déduisent les espèces et notent l’emplacement exact de l’individu sur une carte détaillée de la grotte.

Pour Maël Theubet et Michel Blant, les chauves-souris sont un important indicateur de la biodiversité environnante. À la fin des années 80, beaucoup d’espèces de chauves-souris se sont retrouvées menacées par les divers pesticides utilisés par l’agriculture. Elles sont les victimes indirectes de leur utilisation : les chauves-souris mangent et par ce fait régulent les insectes nuisibles à l’agriculture. Ces derniers ont été contaminés par les produits chimiques et les petits mammifères sont à leur tour touchés par ces produits toxiques. On assiste alors à une baisse dangereuse de la population des chauves-souris.

Pourtant, les derniers recensements montrent qu’il y a actuellement une légère augmentation de ces animaux, d’autant plus que certaines espèces qui sont placées sur liste rouge en Suisse, commencent à revenir dans leurs « gîtes » hivernaux, tel que la grotte de Réclère. Ce 16 décembre, le groupe CCO a répertorié près de 90 individus présents dans la grotte, en plus d’une trentaine à Sainte Ursanne, de quoi réjouir le groupe. « C’est très positif pour la population de chauves-souris dans le Jura. En comparant aux années précédentes, on s’aperçoit qu’elles sont en nette augmentation ! » livre Maël Theubet. Par la suite, les données recueillies sont envoyées au Centre Suisse de Cartographie de la Faune, à Neuchâtel. Actuellement, certaines « colonies » d’été de chauves-souris rassemblent près de 300 individus, tout en sachant qu’il y a près de 30 espèces présentes en Suisse dont 20 dans le Jura.

Un groupe d’experts donc, qui repère, dans le noir total, ce petit mammifère si nécessaire à notre environnement.

TheBlue

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *