Yann Lambiel et Marc Donnet-Monay forment un « Nous »

« Nous », spectacle mis en scène par Jean-Luc Barbezat, nous fait entrer dans le monde de Yann Lambiel et Marc Donnet-Monay. L’humoriste et l’imitateur sont sortis de leur zone de confort respective pour présenter un show complètement inédit, présenté du 21 au 24 novembre 2017 au Théâtre du Passage à Neuchâtel.

 

Photographie : © Thomas Masotti

 

 

Yann Lambiel et Marc Donnet-Monay se connaissent depuis plus de vingt ans et font un pas l’un vers l’autre dans ce spectacle inédit. Ils mettent en image un duo qui se chamaille et qui se tyrannise : Donnet-Monay enquiquine Lambiel sur sa petite taille, Yann fait allusion à la « mollesse » de Marc. L’alchimie entre les deux talents se fait ressentir tout au long du spectacle.

 

Les univers respectifs des deux artistes romands se rejoignent pour en former un nouveau. Ils mettent en place des sketchs où chacun mettra le nez hors de sa zone de confort – ont-ils confié dans une interview accordée sur RTS Un (TV). Marc se met à danser et à chanter, ce qui est plutôt inhabituel venant de la part de cet humoriste à l’humour noir. Quant à Yann, il parle en son nom, lui qui a pour habitude de se cacher derrière des voix et des mimiques.

 

Les sketchs se suivent mais ne se ressemblent pas. Nous pensions Lambiel au sommet de son art mais lorsque c’est en Mister Bean qu’il imite Doris Leuthard, le rire n’est presque plus contenable. Le fou rire envahit le public lorsque Lambiel interview Donnet-Monay – dans le rôle d’une femme de 92 ans venant de donner naissance à une petite fille – dont les grimaces sont impressionnantes : « vous devriez voir ça de près », lance Lambiel entre deux éclats de rire. Cerise sur le gâteau, le modéré Donnet-Monay se laisse emporter dans une interprétation de Prince et enchaîne avec une danse langoureuse avec Lambiel.

 

D’autres scènes illustrent des thèmes plus controversés, notamment la position de la femme dans la société. Lambiel interpelle Donnet-Monay sur la difficulté d’être une femme dans un monde où Cristina Cordula, Karl Lagerfeld et un Imam émettent des mots d’ordre contradictoires de style et de comportement à adopter.

 

Autre sketch hilarant : les comédiens mènent un débat pour savoir lequel des deux est le plus valaisan, en remontant dans leur arbre généalogique respectif. Il s’avère qu’un Donnet-Monay a marié une Lambiel au 14e siècle : ils sont donc arrières-petits-cousins…

 

Chaque protagoniste s’est enrichi au contact de l’autre, donnant un rendu particulièrement inédit et fructueux. Les deux talents ne s’additionnent pas mais se multiplient : les scènes sont un mélange d’imitation, d’humour noir, de danse et de chant. Les deux styles se fondent en un concentré riche en émotions.

 

La standing ovation est bien méritée : on y retournerait volontiers. Les deux artistes se produisent encore dans de nombreuses villes de Suisse romande jusqu’à mi-juin.

 

 

Caroline Bannwart

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