Kin-ball : des Suisses réalisent leur rêve au Japon

Les championnats du monde de Kin-ball viennent de s’achever à Tokyo, au Japon. L’équipe de Suisse masculine y était représentée par une équipe de 9 sportifs amateurs qui a terminé à la 4ème place. Parmi eux, Aurélien Clerc et Johan Göri, qui se remettent gentiment de leurs émotions. Les deux sportifs ont vécu, grâce à leur passion, une véritable aventure sportive, mais aussi humaine. Rencontre.

Aurélien Clerc se lève tous les matins pour rejoindre les bancs de l’Université de Lausanne, alors que Johan Göri, un brin plus âgé, se rend chaque jour à son travail. Début novembre, les deux amis ont pris un chemin peu conforme à leurs habitudes. Direction Tokyo pour représenter le drapeau rouge à croix blanche aux Championnats du monde de kin-ball, ce sport encore méconnu du grand public. «Cette coupe du monde aura été une magnifique expérience et tous les joueurs (ndlr : 17, soit 9 hommes et 8 femmes) en sont ressortis grandis», confie le Neuchâtelois Johan Göri, des étoiles pleins les yeux.

Le kin-ball est arrivé en Suisse en 2009. Il doit son succès à un groupe de professeurs d’éducation physique québécois, qui a mis sur pied cette activité dont la cohésion et la vision du jeu en sont les maîtres mots.  Si le diamètre du ballon (1,22m) peut en impressionner plus d’un, le fait d’évoluer à trois équipes en même temps sur le terrain est tout autant atypique. Et c’est peut-être cela qui fait le charme de ce sport, dont Aurélien Clerc est littéralement tombé amoureux. «C’était en octobre 2012, après un camp des KidsGames. Avec mes amis Rafael Rochat et Philomène Vuffray, on a véritablement croché. Dès lors, on a voulu s’entraîner d’avantage et c’est à ce moment qu’un club a vu le jour à Yverdon (le KBY)», raconte le Vaudois. Cinq ans plus tard, tous les trois étaient du voyage au Japon. Une sacrée complicité.

La visite des écoles

L’équipe nationale a décidé de se rendre au Japon une semaine avant le début de la compétition afin de profiter pleinement de l’aventure. «Les Japonais sont très accueillants. Nous avons pu visiter la ville d’Osaka et ses alentours. Des entraînements avec divers clubs japonais ainsi qu’une visite des écoles ont été organisés, notamment pour promouvoir le kin-ball. C’était incroyable de s’immerger de la sorte avec des jeunes élèves locaux», se rappelle Aurélien Clerc. Et son coéquipier, Johan Göri d’ajouter: «Les visites étaient merveilleuses, de sacrés souvenirs. Après, en tant que compétiteur, j’ai toujours un petit faible pour la tension des débuts de match, avec l’hymne national…»

Si Aurélien et Johan ont chanté d’une seule voix le Cantique suisse, les deux joueurs amateurs ont plutôt l’habitude de se confronter tout au long de la saison dans leurs clubs respectifs. Le premier évolue à Yverdon -vice-champion de Suisse- ; le second, qui vient de rejoindre Lausanne, a fait toutes ses gammes à Neuchâtel, meilleur club du pays. «Cela faisait tout de même un an et demi que l’on se préparait à cet événement. On est là pour notre nation, pour en être les ambassadeurs, les possibles rivalités sont donc mises de côté. La vie de groupe était même formidable !», avoue le Neuchâtelois.

Les joueurs n'hésitent pas à se jeter dans la bataille. Ici, Aurélien Clerc tente de sauver le ballon avant qu'il ne touche le sol. Crédit: JP Remacle
Les joueurs n’hésitent pas à se jeter dans la bataille. Ici, Aurélien Clerc tente de sauver le ballon avant qu’il ne touche le sol.
Crédit: JP Remacle

Une standing ovation

La compétition s’est soldée sur une 4e place mondiale, derrière la République Tchèque, le Japon et les lauréats canadiens. Une prouesse qui aurait pu s’avérer encore plus belle, puisque les Suisses ont raté la finale d’un rien, n’y étant pas qualifié malgré une égalité avec les Tchèques au terme du round des 6 (ndlr: un classement intermédiaire entre les six équipes restantes). «C’est le seul bémol de l’aventure, concède Aurélien Clerc. Mais le plus beau souvenir reste le match contre le Japon et l’Espagne.» Cette rencontre contre le pays hôte s’est conclue par une défaite héroïque, après avoir bousculé les Japonais en remportant les deux premières périodes. «On a eu les occasions pour renverser les ex-champions du monde. Le match était d’une telle intensité… Une grande partie du public, même des autres nations, scandaient le nom de notre pays. Lorsqu’on est sortis de notre bulle, à la fin de la rencontre, c’était incroyable!».  «La salle était en feu, on a eu le droit à une standing ovation… », ajoute Johan Göri.

Le crowdfunding

L’avenir du kin-ball en Suisse s’annonce prometteur. Mais il reste du chemin, notamment en termes de reconnaissance. A la différence des footballeurs ou encore des hockeyeurs professionnels, les «kin-ballers» n’ont pas, ou peu, de défraiement, quand bien même il s’agit de représenter la Suisse aux Championnats du monde. Pour pouvoir partir, les 17 membres du cadre national ont mis sur pied une campagne de crowdfunding, notamment à travers diverses quizz et vidéos, afin de financer leur aventure japonaise. Un amateurisme propre à cette activité en plein essor.

Loris Tschanz

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