Stratégie énergétique 2050 : l’avenir en jeu

Le 21 mai 2017, le peuple suisse vote sur l’avenir énergétique du pays. La « loi sur la stratégie énergétique 2050 » prévoit la sortie du nucléaire et la promotion d’énergies renouvelables. Un comité référendaire fait campagne contre cette loi, craignant une augmentation du prix de l’énergie ou une déformation du paysage que provoqueraient un trop plein d’éoliennes.  La plupart des partis politiques soutiennent toutefois cette loi… C’est le cas de Denis de la Reussille, conseiller national neuchâtelois POP (Parti Ouvrier Populaire) et conseiller Communal de la ville du Locle.

Photo: Théophile Bloudanis

Une loi qui ne fait pas l’unanimité.

La Stratégie énergétique 2050 vise à fournir et distribuer de l’énergie économiquement et efficacement pour protéger l’environnement. Pour ce faire, le Conseil Fédéral veut investir dans les énergies renouvelables et, par extension, sortir du nucléaire. Une stratégie née suite à l’accident nucléaire de Fukushima, en 2011. Mais la transition énergétique ne convainc pas tout le monde : un comité référendaire composé essentiellement d’élus issus des partis PLR, PDC et UDC, ainsi que de milieux économiques, ne souhaitent pas que cette loi passe, invoquant des coûts trop élevés pour cette transition et le risque d’augmenter le prix de l’énergie pour les ménages Suisses. « Dans mon cas, j’ai suivi la position du parti (POP) et j’y adhère entièrement. C’est une question importante qui concerne notre avenir et il est crucial de prendre position », confie Denis De la Reusille « Je suis également membre du comité romand de soutien à cette loi, avec d’autres élus du canton, comme le libéral-radical Raphaël Compte ».

Une question importante pour l’avenir.

L’élu loclois soutient les trois piliers de cette loi avec conviction. D’abord, la promotion des énergies renouvelables avec toutes les mesures prévues à cet effet. « Que ce soit pour l’éolien, le solaire et même l’hydroélectricité. En ce qui concerne cette dernière, il est important que la loi passe, parce que la situation économique des propriétaires des barrages est difficile et cette loi prévoit aussi le développement de ces derniers ». Le second pilier important pour lui est l’utilisation efficace et intelligente de l’énergie : l’économie et la manière que l’on consomme doit être remaniée, innovée. En plus, cette loi donne les clés d’un potentiel économique énorme ainsi qu’une quantité de nouveaux emplois. Pour l’élu, « rien que la rénovation d’immeubles donne un grand potentiel économique ainsi que productif. Cela vaut aussi pour la construction et l’entretien des installations d’énergies renouvelables (éoliennes et centrales solaires) par exemple ». Le troisième et dernier pilier concerne évidemment la sortie du nucléaire, point important de cette loi.

Si le POP soutient unanimement cette loi, ses membres lui adressent tout de même un reproche : son manque d’ambition. Il faudrait aller beaucoup plus vite et plus fort afin de réaliser cette transition énergétique. Parmi les arguments contre la loi, celui de la protection du paysage et l’opposition à l’implantation d’éoliennes dans les crêtes du Jura par exemple. « Ces oppositions n’ont pas été ressenties au sein du POP. C’est plutôt chez certaines personnes du parti des Verts qui se sont opposés à la loi. Généralement, ce sont des personnes soucieuses de la faune et notamment des oiseaux ». Denis de la Reussille estime par ailleurs que le comité référendaire fait campagne sans tenir compte d’une analyse cohérente et efficace de la situation. Les chiffres présentés (notamment 3’200.- Frs. de plus en frais et impôts, par an) ne tiennent absolument pas compte des chiffres présentés par la Confédération. « Cela est caricatural et certainement axé dans le but de faire peur aux ménages. Je suis même étonné par leurs arguments. Ils mettent en avant un « danger » pour les ménages suisses, alors que les mêmes personnes n’ont pas bronché pour l’augmentation des primes maladies, qui elles sont chères pour les ménages ! ».

Le lobby du nucléaire en soutien au comité référendaire ?

« Je n’ai pas d’informations très précises à ce sujet, mais je suis assez surpris des moyens financiers mis en œuvre par les opposants ces derniers jours » confie le conseiller national sur la question de l’implication des lobbies du nucléaire dans la campagne. Selon lui, la campagne est en effet  plus vigoureuse et se remarque notamment par la publicité présente dans des médias et supports onéreux. Qui n’a pas vu cette image d’une femme grelotant sous une douche froide ? L’élu suppose que les opposants ont reçu des moyens financiers importants de certains milieux économiques et du lobby nucléaire, qui reste actif dans les couloirs du Palais Fédéral.

Pour Denis De la Reussille, il est donc important d’accepter cette loi sur la stratégie énergétique 2050, pour garantir un avenir énergétique à la Suisse. « Je suis depuis longtemps opposé au nucléaire et il est enfin temps d’en sortir. Mais pour cela, il faut, avec cette loi, se donner les moyens à long terme pour garantir cette transition et se focaliser sur l’avenir ». Selon le dernier sondage SSR présenté le 10 mai, le OUI reste en tête avec 56% des intentions de vote.

TheBlue

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