PolyLAN : du jeu vidéo non-stop durant 4 jours et 3 nuits

L’EPFL a accueilli la 29ème édition de PolyLAN à Pâques, la plus grande compétition de jeux vidéo en réseau local de Suisse. Environ 1200 joueurs se sont immergés pleinement dans leurs jeux favoris durant 4 jours. Retour sur cet évènement atypique pour les personnes étrangères à ce milieu.

Des dizaines de rangées de tables recouvertes d’ordinateurs, de claviers, de manettes. Des sodas, des redbull et du café, des chips, des biscuits, du chocolat éparpillés un peu partout. Le sol des allées est rempli de sacs de couchage, de cornets de courses ou encore de glacières. Un léger brouhaha de fond, mais rien de très bruyant car chacun est concentré et porte un casque sur les oreilles. Parfois, un cri de victoire ou de frustration s’échappe. Une petite voix électronique annonce l’avancée des tournois, l’ouverture des inscriptions aux différents jeux ou encore que les repas sont prêts. Elle lâche même quelques citations de Kaamelott telles que « le gras c’est la vie » ou de petites blagues et c’est le fou rire général. Dans un coin de la salle se trouve une place aménagée pour les valises et affaires : certains viennent de loin. Voilà comment l’on aborde PolyLAN lorsqu’on descend l’escalator pour arriver dans la salle principale.

 

La plus grande LAN de Suisse

Durant les quatre jours de Pâques, 1200 joueurs se sont rendus à L’EPFL, école polytechnique fédéral de Lausanne, où a pris place la 29ème édition de PolyLAN. Tout le bâtiment du Swiss Tech Convention Center était réservé à cet effet. Cette manifestation annuelle est la plus grande compétition de jeux vidéo en LAN, c’est-à-dire en réseau local, de Suisse.

L’évènement a été lancé il y a une dizaine d’années par un groupe d’étudiants de l’EPFL. Le but alors était de réunir les gens pour jouer avec du réseau très rapide. La LAN a bien grandi, aujourd’hui elle attire même des joueurs des pays frontaliers. Dionys Lugon-Moulin, responsable animations et communication: « Il y a plus de demandes que de places libres. On remplit presque toujours toutes les éditions ».

 

Un évènement à ne pas louper pour les gamers

L’organisation est saluée par les joueurs. L’un d’eux explique : « Le réseau et les animations sont vraiment bien gérés ». Ce qui ressort plus particulièrement, c’est l’atmosphère agréable qui règne: « L’atout principal est le capital sympathique de l’événement. Un sondage a été réalisé l’année dernière, plus de 50% des réponses indiquaient que PolyLAN est un événement à ne pas louper. Seuls 5% des interrogés avaient un avis négatif. », souligne Dionys Lugon-Moulin.

L’évènement permet aux joueurs de se comparer aux autres et d’évaluer leur niveau, le tout dans une atmosphère bon enfant. Giulian Pattoni, 25 ans, s’est inscrit au tournoi Rocket League avec des amis. Il raconte: « Il y a 2 ans, un ami qui faisait une belle action a poussé un cri. Ce cri est resté. A la fin de la LAN, quand quelqu’un le faisait, les autres le suivaient et ça provoquait une vague dans les rangées. C’est bon délire ! ». L’esprit compétitif n’altère pas le plaisir que les joueurs ont à pratiquer leur passion ou loisir.

 

Du jeu vidéo non-stop

Les joueurs restent sur place durant 4 jours et 3 nuits. Ils s’installent sur la parcelle de table qui leur est attribuée dès le vendredi et ne décollent plus jusqu’au lundi.

Une salle pour dormir accessible à n’importe quel moment est aménagée. Pouvoir dormir sur place est un élément indispensable à une LAN car certains joueurs viennent de loin et n’ont plus de moyen de locomotion pour rentrer chez eux. Giulian Pattoni: « C’est compliqué de rentrer tous les soirs et revenir chaque matin. Certaines compétitions finissent vers 3h ! ». En effet, l’évènement n’a pas vraiment de pause, des animations ont lieu toute la nuit. Libre à chacun de gérer son horaire comme il le souhaite pourvu qu’il soit présent durant les compétitions.

Certains ne quittent pas le bâtiment des 4 jours et jouent 24h/24. Il n’est pas rare de voir durant la journée des personnes dormant sur leur clavier, ou encore couchées sous les tables les pieds trainant le long du couloir. Le jeu vidéo non-stop épuisant ? Damien Leuba, habitué de cette LAN voit les choses autrement : « Ces 4 jours permettent de se vider l’esprit, de ne plus penser au travail ou aux cours. On est dans une bulle, hors du temps, on ne sait plus quelle heure il est ni s’il fait jour ou nuit. Ce n’est pas souvent que tu peux t’isoler comme ça de nos jours. ».

A la fin, même si une petite nostalgie se fait ressentir, les joueurs ne sont pas mécontents de rentrer. « Il ne faudrait pas faire plus. La qualité de vie n’est pas top : on mange n’importe quoi, on dort peu. » confie Giulian Pattoni. Quatre jours de jeux vidéo sans s’arrêter n’empêchent cependant pas certains de se remettre devant leur ordinateur dès le soir même. Après tout, il est difficile de vaincre ses passions et impossible de les satisfaire.

 

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Géraldine Overney

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