Racisme et xénophobie : deux mondes distincts

« Le FN n’est pas raciste, non ! Le FN est un parti de xénophobes ! ». Voilà un commentaire intriguant que l’on retrouve sur la Toile. Face à la montée des nationalismes en Europe, et suite à l’élection présidentielle de Donald Trump aux Etats-Unis en novembre 2016, des ONG telles qu’Amnesty International dénoncent des discours politiques, racistes et xénophobes qui invitent à la haine au rejet de l’autre. L’Article.ch a interrogé le professeur Louis de Saussure sur ces deux termes.

Directeur de l’Institut des sciences du langage à l’Université de Neuchâtel, le linguiste Louis de Saussure clarifie ces deux termes qui représentent des réalités distinctes. « Il y a des différences entre « racisme » et « xénophobie ». Le racisme est une idéologie qui suppose, à tort évidemment, qu’il existerait des races humaines différentes. Or s’il y a des races différentes, il y a potentiellement des différences génétiques, irréconciliables entre les individus issus de ces « races ». Et s’il y a de telles différences, il y a donc des qualités et des défauts que l’on peut leur attribuer. Et donc il peut y avoir des races « supérieures » et d’autres « inférieures ».

Quant à la xénophobie, il poursuit : « La xénophobie est un sentiment et non une idéologie. C’est le sentiment qui pousse les humains à rejeter les individus qui n’appartiennent pas à leur groupe social, en particulier les étrangers identifiables par une langue et des coutumes différentes. Le sentiment xénophobe se développe tout particulièrement à l’encontre de gens qui ont une apparence différente. Le xénophobe les rejette hors du groupe car il les ressent comme une menace essentiellement culturelle. Le sentiment de xénophobie est déplorable car c’est un sentiment qui n’est pas travaillé par une analyse critique, il est spontané ».

Racisme et xénophobie : la confusion

« Nous sommes tous susceptibles d’avoir un sentiment xénophobe qui peut s’exprimer simplement par un rejet des personnes qui semblent porteurs d’une culture, qui porte des valeurs qui apparaissent contraires aux nôtres ». Et quant à une augmentation du racisme, le professeur explique : « En réalité, il y a en Europe en tout cas beaucoup plus de xénophobie que de racisme. Tout le discours politique sur la question de l’intégration en France par exemple est une question liée à la résolution de la problématique xénophobe et au sentiment de cohésion sociale ».

E.A.

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