Des études en lettres, une ouverture sur le monde

La faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Neuchâtel convie régulièrement ses membres à un workshop sur les débouchés possibles après une telle formation. L’occasion de proposer quatre témoignages d’anciens étudiants, soit autant de profils plus ou moins atypiques.

Photo: Web

« Un parcours professionnel se construit avec une multitude de petites pièces, qui une fois assemblées forment une mosaïque ». La métaphore formulée par Julia Vielle, cheffe de projet à l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) et première intervenante de la soirée, résume bien les enseignements qui ressortent de cette conférence. Les stages et autres petits jobs réalisés en parallèle de la formation, la maîtrise des langues, ou encore l’angle du mémoire sont autant d’éléments qui peuvent contribuer à se démarquer des autres candidats sur le plan professionnel.

« J’ai étudié la géographie, l’archéologie et le journalisme. Mon mémoire, que j’ai effectué au sein de l’ONG Pro Infirmis, portait sur la mobilité des handicapés. Cela m’a permis de mettre déjà un pied dans une organisation, c’est un plus indéniable. Ensuite, je me suis rendue 6 mois en Afrique de l’Ouest pour l’association Terre des Hommes, avant de décrocher mon emploi actuel à l’OSAR, où nous développons des projets d’intégration pour les requérants d’asile », indique Julia Vielle. Selon elle, la connaissance des langues nationales est un atout majeur pour s’imposer dans le monde du travail. « J’ai passé huit mois à Berlin pour un stage en entreprise et deux mois en Italie. Grâce à ces voyages, je suis à l’aise en allemand et en italien, ce qui m’aide dans mon métier pour communiquer partout en Suisse ».

Avis aux étudiants en proie aux doutes quant à la suite à donner à leur cursus : il n’est jamais trop tard pour se reconvertir. Les expériences accomplies dans d’autres secteurs d’activité sont un excellent tremplin à cet effet. Alain Bélizaire est ainsi devenu directeur exécutif du marketing et développement pour l’école hôtelière du Swiss Education Group, après des études en géographie, anglais et sport suivies dans l’idée de devenir enseignant au lycée. « Loin de ma formation initiale, le poste m’a été confié suite à mes activités comme moniteur puis organisateur de camps d’été à Bienne, qui m’ont permis de forger de bonnes compétences dans la gestion de projet et la coordination d’équipe ». D’où l’utilité des jobs para-universitaires, qui aident à acquérir certaines qualités spécifiques, soit autant de clés pour s’ouvrir les portes de la vie active.

Pour parvenir à ses fins, un brin de culot est parfois nécessaire, comme dans le cas du Valaisan Steve Bonvin. Diplômé en français, anglais et pédagogie, il tourne également le dos à la profession d’instituteur pour devenir chef de projet dans une chaîne de supermarchés, pour la mise en valeur des produits du terroir. La gestion du personnel lui est donc confiée une année durant, avant qu’il ne découvre une offre de la RTS, qui cherchait à recruter un nouveau directeur RH et formation. Il n’hésite alors pas à insister pour obtenir un entretien qu’on lui avait refusé dans un premier temps. Bien lui en a pris, puisqu’il convainc les responsables du média de lui donner sa chance. « Du moment qu’on paraît sérieux et qu’on affiche certaines compétences pour le poste souhaité, la personnalité peut prendre le dessus sur le bagage professionnel. Il ne faut pas sous-estimer l’aspect purement relationnel durant ces interviews », avertit Steve Bonvin.

Pour rebondir sur la dimension humaine lors de la recherche d’emploi, l’importance du réseau est elle aussi à relever. Fabian Greub, actuel chargé des relations publiques à l’Université de Neuchâtel, a lui-même dû faire appel à ses contacts pour décrocher son travail précédent. Suite à une formation en français, latin et philosophie, il est devenu journaliste radio chez RJB puis à la RSR de l’époque. Six ans après ses débuts dans l’univers médiatique, il est alors engagé comme secrétaire général au Conseil du Jura Bernois (CJB) pour défendre les intérêts de la communauté francophone dans le canton. « La particularité de cette histoire est que les politiciens qui m’ont confié ce rôle sont précisément ceux que j’interviewais quelque temps plus tôt, lorsque j’étais encore à la radio », confie Fabian Greub.

Ces divers témoignages démontrent la palette variée de professions envisageables après une formation universitaire en lettres et sciences humaines. « La grande force de ce cursus est qu’il permet d’acquérir des compétences prisées dans de nombreux domaines, telles que l’autonomie, l’esprit d’ouverture, le sens critique et la capacité de synthèse », conclut Steve Bonvin. Aux étudiants d’en faire bon usage, afin de lancer leur carrière professionnelle du bon pied!

Fabien Wildi

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