L’essor difficile du e-sport en Suisse

L’e-sport explose partout depuis 2012, date à laquelle des sommes d’argent ont été investies dans le jeux vidéo, phénomène qui a eu lieu peut-être grâce au développement du streaming. Vu que le streaming a pris une grande ampleur, les gens ont commencé à regarder les compétitions sur internet, la valeur médiatique a augmenté et est devenue assez importante pour attirer les sponsors. Les compétitions avaient plus d’argent à proposer ce qui a provoqué la formation de beaucoup d’équipes. Le point sur la situation en Suisse.

Photo: Kylan Luginbühl

L’e-sport, habile contraction des mots « sport » et « électronique », est en plein essor partout dans le monde. Durant le mois de novembre a eu lieu la BlizzCon 2016, en Californie, et qui a réuni des compétitions de plusieurs jeux tels que Hearthstone – un jeu de cartes en ligne – dans lequel le 1er gain s’élevait à 250’000$ ou encore Overwatch – un jeu vidéo de tir dans lequel deux équipes de six joueurs s’affrontent. Par ailleurs, le Paris Saint-Germain a aussi décidé d’élargir ses horizons et s’est lancé depuis octobre dans ce domaine. Le club de football a commencé à construire une équipe et recrutent d’ores et déjà des jeunes joueurs notamment dans les jeux League of Legends et Fifa.

La Suisse commence à se prendre au jeu. Plusieurs évènements en lien avec le e-sport ont eu lieu ces derniers temps. Yverdon-les-Bains a accueilli le festival « Numerik Games » début septembre, une manifestation dédiée à l’art numérique durant laquelle était organisée une compétition de LoL (diminutif du jeu League of Legends) et de Hearthstone. Le public a pu assister à une finale de joueurs professionnels. Du 7 au 9 octobre s’est déroulée la « Geneva Gaming Convention » qui était un nouvel événement organisé dans le but de développer la scène vidéo ludique Suisse, et lui donner accès à une renommée internationale. Enfin, les amateurs de e-sport ont pu se rendre à PolyLAN du 28 au 29 octobre, événement organisé deux fois par année à l’EPFL, et se sont affrontés lors d’animations et de plusieurs tournois. Lors de cette compétition, le gagnant du tournoi de Hearthstone a remporté 650 CHF, quant à l’équipe gagnante de LoL composée de 5 joueurs, ils ont pu se partager un chèque de 2400 CHF.

Malgré ces progrès, la Suisse reste un pays dans lequel l’essor de cette discipline est compliqué. Maniac, de son vrai nom Mathieu Quiquerez, est joueur professionnel de Counter-Strike – un jeu d’équipe dans lequel des terroristes et des contre-terroristes se battent. Le Suisse, qui joue dans des équipes françaises depuis 2012, confie : « A l’heure actuelle la Suisse est encore un peu en retard par rapport au reste de la scène européenne. Cependant, j’ai l’impression qu’il y a de plus en plus d’équipes en Suisse et de tournois, ça va dans la bonne direction. ». Les joueurs de e-sport qui pratiquent cette discipline professionnellement en Suisse restent des cas assez rares et isolés. Selon Maniac, il est possible que ce phénomène soit dû au manque de compétitions : « Pour qu’une scène nationale soit active, il faut qu’il y ait de la compétition et de la rivalité à l’interne. Il faut qu’il y ait des équipes à l’intérieur qui veulent toujours être meilleures que les autres. Le manque de compétitions tient un grand rôle dans ce processus car il faut avoir des possibles récompenses. Le jeu vidéo joué à haut niveau représente beaucoup d’investissement, il faut donc avoir des objectifs et des gains au bout. ». Il manquerait donc à la Suisse des compétitions à l’intérieur du pays afin de motiver les joueurs à s’investir pleinement.

Une autre explication au fait qu’il y ait peu de joueurs professionnels sur la scène suisse est qu’il s’agit d’une activité très prenante, qui ne s’exerce pas à vie. De manière générale, l’e-sport est un univers assez jeune. Maniac explique que ce phénomène peut provenir de deux raisons : « Premièrement, il n’y a pas beaucoup d’équipes qui peuvent vivre de l’e-sport à l’heure actuelle et si tu ne gagnes pas assez d’argent, tu vas devoir travailler pour payer tes factures et ton appartement. Deuxièmement, l’e-sport au niveau professionnel est une activité qui prend énormément de temps et arrivé à un certain âge tu as peut-être envie d’avoir une famille ce qui n’est pas conciliable avec les deux ou trois voyages par mois et les 35 à 40 heures d’entrainement par semaine que demande cette discipline. ». De plus, le salaire d’un joueur professionnel n’est pas particulièrement élevé : les joueurs qui se situent dans le milieu du classement et qui ne remportent pas de compétitions gagnent juste assez pour vivre.

 

Géraldine Overney

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