Il fait froid dans le dos des Romands depuis 20 ans : Michel Bory

Lausan’Noir, le premier festival du polar organisé en Suisse, s’est tenu les 18 et le 19 novembre. L’occasion de rencontrer Michel Bory. L’auteur vaudois, créateur de l’Inspecteur Perrin, a publié cette année « L’Affaire du Buste assassin », aux éditions RomPol.

 

Monsieur Bory, vous venez de passer deux jours au Lausan’Noir. Qu’avez-vous pensé de ce premier festival du polar en Suisse ?

Ce qui est important dans les romans policiers, c’est l’histoire. C’est elle qui va permettre de faire un film, une B.D., une pièce de théâtre… Je me dis que ce qui serait bien, c’est de ne pas seulement avoir des auteurs de romans policiers, mais d’avoir plusieurs disciplines qui racontent des histoires policières. Ce serait intéressant, par exemple, d’avoir un aperçu des séries télévisuelles policières.

Donc plutôt un festival du noir, plutôt qu’un festival du polar ?

Oui, c’est ça. Quand ce style s’est développé, vers le 18ème siècle, il y avait beaucoup de théâtre. Il en est resté quelque chose, par exemple le boulevard du Temple, à Paris, qu’on appelait le boulevard du crime, parce que tous les théâtres y représentaient des scènes criminelles. On pourrait avoir un festival avec de la littérature, des B.D., du théâtre, des films. Il y a des films au Lausan’noir, mais ce qui serait intéressant, ce serait d’avoir de l’interdisciplinarité, d’inviter des metteurs en scène, des producteur de télévision.

Votre dernier livre, L’Affaire du buste assassin, dont l’intrigue se déroule à Avenches, est sorti cette année. Avez-vous été satisfait de sa réception ?

Oui, il y a eu une conférence de presse à Avenches, j’étais très surpris qu’il y ait autant de monde. Beaucoup de gens de la presse Romande étaient présents. Il y a eu plus d’intérêt que j’attendais, peut-être que c’était dû au choix de l’endroit. Avenches, c’est une ville qui a une place particulière.

Vous écrivez des romans policiers depuis très longtemps maintenant. Comment la scène du polar a-t-elle évolué selon vous ?

Curieusement, je lis peu de romans policiers, je m’intéresse plutôt à la matière première, les affaires qui défraient la chronique, les dessous de la politique, par exemple. Je ne fréquente pas trop les festivals. Je suis content de voir qu’il y a beaucoup de romans noirs qui sortent en Suisse et dont l’intrigue se passe en Suisse. Et je suis content de voir que, suivant la tendance lancée par les romans scandinaves, les auteurs n’ont pas peur de situer leurs affaires dans des petites villes, et non pas nécessairement dans des capitales prestigieuses. Donc ils sont allés davantage dans le terrain local. La différence en Suisse, par rapport à la France, c’est que la décentralisation gène peut-être un peu, on est moins focalisés sur une seule ville, comme les Français ont avec Paris.

Mais comme vous l’avez dit, les polars scandinaves marchent bien, et ils n’hésitent pas à placer leur intrigue dans des petits villages.

Oui, et les Anglais aussi, l’inspecteur Barnaby par exemple. Je me suis demandé ce qu’on pourrait faire de similaire, spécifiquement en Suisse, et je regarde pas mal de séries pour m’inspirer, d’une part, mais surtout en réfléchissant à la possibilité de faire une telle chose en Suisse.

Vous auriez donc des projets avec l’industrie du cinéma ou de la télévision suisse ?

Oui, j’ai une idée de projet, que ce soit une série télévisée interdépendante avec des épisodes ou des films autonomes. J’ai même cherché à contacter la télévision récemment. Je pense que certains romans de l’inspecteur Perrin pourraient se prêter à cela. Dès le départ, je voulais faire du cinéma, j’écrivais des scénarios de films. Par la suite je me suis tourné vers l’écriture de romans, mais j’ai toujours cette ambition de faire des films de fiction.

 

Bruno Siegenthaler

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