Le musée des Civilisations de l’Islam vu à travers les yeux d’un député UDC.

Le nouveau Musée des civilisations de l’Islam, à la Chaux-de-Fonds, a ouvert ses portes le 28 mai. Nous avons proposé à Adrien Steudler, député UDC à la Chaux-de-Fonds, d’effectuer la visite en compagnie du Muséologue Olivier Schinz, anthropologue au Musée d’ethnographie à Neuchâtel. Le Musée se veut ouvert à la parole : est-ce vraiment le cas ? Qu’en est-il du contenu ?

Par Simon Zulauf et Théophile Bloudanis.

Photos: Théophile Bloudanis.

Un lieu de rencontres culturel

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Entrée du MUCIVI.

Sur l’Avenue Léopold-Robert, se dresse un grand bâtiment dont la façade blanche présente cinq portraits de femme, allégorie des cinq continents. « Le bâtiment était anciennement une joaillerie», nous glisse Olivier Schinz avant d’effectuer la visite. «J’ai été mandaté par Monsieur et Madame Karmous, les directeurs de ce Musée, pour parler de l’Islam. Ce que nous allons voir n’est pas un Musée de collection mais d’Histoire ». Muséologue et conservateur adjoint au musée d’ethnographie à Neuchâtel, il a participé à l’élaboration du scénario en compagnie d’autres spécialistes. Avant d’entrer, un casque audio nous est remis. Olivier Schinz nous désigne du doigt une cible, plantée au milieu d’un miroir morcelé : «  Vous pourrez suivre l’exposition à votre guise en pointant les différentes cibles à l’aide de votre boîtier, qui vous donnera des informations supplémentaires.» Le miroir brisé au début de l’exposition, renvoie l’image du visiteur et l’appelle à reconstruire son propre avis sur ces six salles, qui présentent à chaque fois une thématique différente inscrite dans l’histoire de l’Islam. « Le but de l’exposition est de reconstituer un point de vue de l’Islam, mais qui n’est pas forcément une position unanime.» C’est d’ailleurs ce que recommande le muséologue : «Nous appelons nos visiteurs à être critique et ne pas se contenter de boire les paroles mais d’en discuter, d’en débattre.»

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Monsieur Schinz, répondant à nos questions.

« L’Ignorance comme moteur du savoir»

Nous entrons dans une première salle complètement noire. Des points d’interrogations s’affichent sur les personnes venant d’entrer. «Cette période s’appelle l’Ignorance chez les Musulmans. On l’appelle ainsi car la langue coranique était peu parlée au début, et les croyants n’avaient que très peu de connaissances des écritures arabes anciennes.Cette salle vise à expliquer que l’Ignorance est un moteur du savoir. Dans l’histoire, quitter une période d’Ignorance pour un peuple n’est jamais facile ». Sur ces paroles, le groupe quitte la salle pour en traverser une autre remplie de lumière. Le passage est rendu difficile par l’obstruction de cordes noires, tombant du plafond. On voit mal où l’on va et soudain, une place illuminée s’offre aux yeux du spectateur. On peut y voir écrit en gros sur le sol « Lis ». «Ce sont les paroles prononcées par l’Ange Gabriel au prophète Mahomet », glisse au passage le muséologue. La visite se poursuit dans une petite salle où les couleurs vives ont laissé place à un ton plus uniforme. Un long ruban de papier y est déroulé où figurent les dessins représentant les cinq piliers fondateurs de l’Islam. «Cette salle se nomme Interprétations car à la mort du prophète se succédèrent quatre califes, qui contribuèrent tour à tour à ce qu’est devenu l’Islam d’aujourd’hui. Cette salle est importante car elle nous montre la diversité d’interprétations possibles à partir d’un texte.» Des petites figurines nous montrent la croissance de l’arbre qu’est devenu l’Islam.

Bilan : «Un Musée presque futuriste»

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Monsieur Steudler, répondant à nos questions.

A la fin de notre visite, nous nous installons dans un petit café non loin de là. Le bilan d’Adrien Steudler est plutôt positif malgré quelques appréhensions au départ : «J’ai trouvé ce Musée très intéressant. Je pensais qu’il présentait des pierres et des vieilleries, comme dans un musée « classique » on va dire, mais ce n’est pas du tout le cas.» Le député UDC s’avoue même surpris par l’interaction. « J’ai été étonné en entrant dans la seconde salle, avec ces cordes noires suspendues.Dans l’ensemble, l’exposition est très fournie en informations.» Faisant référence à la quatrième salle des savoirs islamiques, Adrien Steudler fait notamment mention de son étonnement quant aux animations mises en place : «Je suis surpris par sa qualité. C’est un musée presque futuriste notamment avec ces personnages qui vous regardent, qui vous fixent même lorsque vous bougez. La construction est très logique. Je vous avoue que ne suis pas très culture. J’ai trouvé le musée très interactif mais tout de même assez chargé pour quelqu’un qui a peu de connaissances préalables. Mais que le visiteur soit laissé à lui même pour compléter sa connaissance, je trouve cela bien

 

Le MUCIVI, à La Chaux-de-Fonds, a pour projet de faire découvrir une vision de l’Islam différente de ce que l’on peut lire ou voir dans les médias. Que ce soit pour l’exposition temporaire de calligraphie situé au rez-de-chaussée ou pour la bibliothèque du premier étage, chacun est libre de se faire sa propre opinion car un Musée reste avant tout un lieu de discussion.

SZ et TheBlue.

 

 

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