Lavaux Classic : une pépite suisse au sein du paysage musical international

La 13e édition de l’incontournable festival vaudois consacré à la musique classique se tient du 24 juin au 3 juillet 2016 sur les rives du lac Léman, à Cully. Un cadre et une programmation exceptionnels qui raviront les plus exigeants des mélomanes, accordés au diapason des musiciens internationaux les plus talentueux.

Festival off

C’est avec enthousiasme que les auditeurs prennent place dans les transats de la scène extérieure du festival – L’Embarcadère – un verre de vin à la main, pour assister au premier concert de la soirée. Il est 18h30 et les notes d’un violoncelle s’échappent dans la brise qui fait voguer paresseusement les voiliers au fil de l’eau. C’est dans ce paysage idyllique qu’apparaît le jeune duo Orion, formé en 2014 par le pianiste Gilles Grimaître et la violoncelliste Elsa Dorbath, lauréats du prix Kabalevski du Ibla International Music Competition. Tous deux passionnés de répertoire contemporain, ils enchaînent les compositions de Janacek, Prokofiev et Kabalvski dont les sonorités plaintives sont empreintes de mélancolie. Les applaudissements attestent de la réussite de ce premier groupe, aussitôt suivi du discours de bienvenue du directeur général et artistique de Lavaux Classic, Jean-Christophe de Vries.

Bientôt, le piano droit et le violoncelle laissent la place à un synthétiseur. Le programme indique qu’il s’agit du groupe électro-funk Maddam, dont la musique est qualifiée de « passionnée, rétro-futuriste et électro-analogique ». Le coup d’envoi du seul concert alternatif de la soirée est ainsi donné. Les inconditionnels du répertoire classique quittent leurs transats, laissant la place à des auditeurs plus jeunes. Après un dernier verre de blanc pris au bar en face de la scène, il est temps de se rendre au Temple de Cully où se donne, à 20h, le concert de l’Ensemble des Swiss Chamber Soloist. Ce dernier s’inscrit dans le projet Swiss Made lancé par le festival afin de faire connaître la création et les musiciens helvétiques.

Festival in

Accompagnés par les derniers rayons du soleil, les festivaliers arrivent sur la Place du Temple de Cully, bordée de maisonnettes et de caveaux viticoles au charme bucolique. La renommée des Swiss Chamber Soloists ne semble plus à faire au vu du nombre de mélomanes groupés devant les portes du Temple. Fondé en 1999 par Jürg Dähler (Zürich), Daniel Haefliger (Genève) et Felix Renggli (Bâle), l’Ensemble des Swiss Chamber Soloists vise à promouvoir la musique contemporaine suisse à l’échelle internationale en interprétant ses propres créations ainsi que celles d’autres compositeurs suisses. Il s’interroge également sur les liens qu’entretient la musique contemporaine avec la musique classique, d’où un vaste répertoire allant de Hindemith à Mozart.

En ce mercredi soir, l’invité de marque est le compositeur, chef d’orchestre, pianiste et hautboïste suisse Heinz Holliger dont les compositions constituent la majeure partie du programme. Le concert débute par un cycle de Lieder intitulé Morgenstern, chanté en romanche par la soprano allemande Sarah Maria Sun et accompagné au piano par Heinz Holliger. S’ensuivent des poèmes de Mallarmé mis en musique par Claude Debussy ainsi que des mélodies de Paul Hindemith, avant de poursuivre avec l’Increschantüm de Holliger écrit pour soprano et quatuor à cordes. Doté d’une extraordinaire musicalité, L’Ensemble des Swiss Chamber Soloists se distingue par la précision et la finesse de son jeu, mises au service d’une musique toutefois difficile d’accès.

Malgré le talent indéniable des musiciens et la force expressive des œuvres de Holliger (qui compose encore à l’âge de 77 ans !), le public apprécie de terminer la soirée sur une note plus classique avec le Quatuor pour hautbois K.370 de Mozart. Un subtil parcours de styles, emmené d’une main de maître par Heinz Holliger.

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