Le bio à la fête

Moudon accueilliera les 7 et 8 mai prochains sa première foire agricole 100 % Bio de Suisse. Organisée par l’association BioVaud, elle a pour but de mettre en avant l’agriculture biologique au travers de nombreux stands et exposants. Rencontre avec l’initiateur et responsable de la foire, Franck Siffert, pour comprendre le but de cette démarche. Photo : Web.

Le bio avant tout

Plus de 145 stands seront a découvrir ce deuxième week-end de mai, autour des thèmes de la gastronomie, de la boucherie de la fromagerie, du moulin ou encore de la forêt. Mais l’invité d’honneur de cette première foire agricole est bien évidemment le bio. N’est-ce pas laisser de côté une grande partie du monde agricole ? Absolument pas, selon le responsable Franck Siffert : « Tous les exposants qui seront présents, que ce soit les constructeurs de machines ou des magasins comme Landi, travaillent avec les deux sortes d’agriculture. Il n’y a pas de ségrégation. Nous attendons aussi la visite d’agriculteurs conventionnels. Ceux qui seront absents sont ceux qui ne sont pas d’accord avec le bio, et ça ne représente maintenant qu’une infime partie des paysans ». Pourtant, il reste en Suisse une quantité importante de producteurs conventionnels. L’initiateur de l’événement interprète ce phénomène : « Ce qui fait peur aux conventionnels et qui les empêche de franchir le pas, c’est la maîtrise des mauvaises herbes car on n’utilise pas de produits désherbants en bio. Mais le taux de reconversion est en réelle croissance ».

L’objectif

Cette foire est un grand présentoir pour le monde du bio. Elle donne l’occasion aux producteurs et aux paysans de promouvoir leur mode d’agriculture et leurs produits. Pour Franck Siffert, l’objectif principal reste de sensibiliser les gens à ce mode de vie plus respectueux. « Notre but est de rapprocher le producteur et le consommateur. Nous voudrions aussi que la ville se rende compte que c’est la campagne qui la nourrit et qu’elle a une grande influence sur l’agriculture. En effet, c’est le consommateur qui a le pouvoir car c’est lui qui émet la demande. Il faut que le grand public soit plus sélectif et qu’il préfère la qualité à la quantité. », explique-t-il.

Bien sûr, la foire est également l’occasion de se rencontrer entre paysans, bio et conventionnels. La transmission du savoir qui reste dans les fermes familiales conventionnelles est indispensable à l’agriculture biologique.

Autre objectif évoqué par Franck Siffert, et qui inquiète beaucoup les agriculteurs : la relève. « On veut motiver les jeunes. 2’000 fermes disparaissent chaque année en Suisse. Il faut que les petites exploitations survivent, c’est ça que nous essayons de promouvoir ! ».

La mode du bio

«  Nous attendons 10’000 personnes environs. Nous voulons montrer à ces gens que le bio n’est pas qu’une mode et qu’il existe une grosse quantité de produits disponibles en bio. Le label « bio » n’a pas de volonté marketing, c’est tout simplement une réalité pour nous que nous voulons mettre en avant. », affirme Franck Siffert. Les organisateurs veulent aussi promouvoir des paysans conventionnels, qui font de la vente à proximité : « On veut pousser les gens à réduire les trajets et à connaître leur producteur, bio ou non. ».

Pourtant, il est indubitable que le label bio intéresse et attire. Il y a 15 ans, rien n’aurait été pareil affirme l’organisateur. Évidemment, l’affluence n’aurait pas du tout été la même, mais c’est surtout la présence de certains gros groupes du milieu qui aurait fait défaut. Franck Siffert éclaircit le sujet : « Des grosses enseignes comme Landi ou Fenaco n’auraient pas été présentes il y a 15 ans, le potentiel agricole du bio étant trop petit. Le développement du bio intéresse car il rapporte, il ne faut pas s’en cacher. Le nombre de paysans bio est en croissance, il représente donc un nouveau marché qui attire. Je pense que c’est le bon moment pour cette foire car le bio est au devant de la scène. C’est le début d’un grand changement ! ».

Emma Rebeaud

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