Une journée mondiale pour chaque jour de l’année

Le 8 mars est la Journée internationale des droits de la femme. Un sujet dont les médias sont très friands chaque année et qui leur permet d’aborder la question sous de nombreux angles. Cette journée est loin d’être la seule journée à thème qui a eu lieu en mars. L’occasion de se pencher sur le phénomène.

Ce 8 mars, médias, associations, institutions et particuliers peut-être, chacun à sa manière, a célébré la Journée internationale des droits de la femme. Certains ont fait l’impasse totale sur la spécificité de ce jour alors que d’autres en ont profité pour revendiquer l’égalité homme-femme., L’origine de cette journée reste trouble. Pour les Français, elle serait due à une manifestation d’ouvrières américaines travaillant dans le textile en 1955. Tandis que, pour les Soviétiques, Lénine aurait déclaré le 8 mars 1921, ce jour comme étant la Journée des droits de la femme en souvenir de la Première Révolution, car ces dernières ont fait la grève et réclamé du pain le dernier dimanche de février 1917. Mais c’est peut-être cette dernière version qui reste la plus connue : suite à la lutte des femmes sur les continents américains et européens et à une proposition de Clara Zetkin, en 1911, l’internationale socialiste des femmes revendique le droit de vote des femmes, le droit au travail et à la fin des discriminations au travail et célèbre la Première journée des femmes. Cette journée n’est officialisée qu’en 1977 par les Nations unies.

Cette multitude d’origine démontre à quel point il est difficile d’instaurer une journée spécifique. Les Nations Unies en décrètent 128. Néanmoins, d’autre sites, s’amusent à lister les nombreuses journées qui existent. Par exemple, www.journee-mondiale.com en recense actuellement 443 et souvent plusieurs par jour.

L’idée de créer ce site est venue à Vincent Tondeux en 2004, à l’écoute de flashs d’informations à la radio qui contenaient chaque jour de nombreuses annonces de journées mondiales. Les promoteurs des journées mondiales qu’il a instaurées peuvent être l’ONU, l’UNESCO, les ONG, mais aussi les églises, les associations ou alors des groupes de pression. Il n’y a rien d’officiel à ce site, c’est pourquoi n’importe qui peut créer une journée internationale à partir du moment où il capte l’attention des médias et la fait connaître au monde. Ce n’est cependant pas le rôle de Vincent Tondeux de créer des Journées mondiales, il répertorie simplement celles qui sont déjà présentes. Sur le site, il est inscrit à l’intention de quiconque veut instaurer une nouvelle Journée « de vérifier qu’elle existe déjà et qu’elle est célébrée dans de nombreux pays ». De ce fait, le succès d’une journée est intimement lié à sa médiatisation. Il faut qu’elle bénéficie d’une grande publicité et que le sujet soit dans l’air du temps et intéresse.

Une cause ou un produit qui devient Journée mondiale apporte certains avantages. L’aspect économique de ces journées n’est pas négligeable: elles leur permettent soit de se faire de la publicité, voire de récolter des dons.

Les journées mondiales les plus importantes sont, en général, celles qui sensibilisent l’opinion publique : outre la journée internationale de la femme, il y a notamment celle contre le cancer (4 février), celle du donneur de sang (14 juin), celle contre le sida (1er décembre), ou encore celle pour l’abolition de l’esclavage (2 décembre). Toutefois, les Nations Unies ont aussi inscrit certaines Journées à l’apparence un peu moins sérieuse, comme la Journée Mondiale des toilettes. Le fond de la cause reste noble, les NU expliquant l’importance de cette journée : « 2,4 milliards de personnes n’ont pas accès à un système d’assainissement amélioré. […] Le manque d’assainissement accroît le risque de maladie et de malnutrition, particulièrement pour les femmes et les enfants. ».

L’origine et l’idée d’autre journées non répertoriées par les NU restent trouble. Par exemple, celle du chat noir dont le but serait de « sensibiliser le public à la grande cause des chats noirs et […] inciter les gens à en adopter un ». La faute à l’inconscient collectif superstitieux, voulant que l’animal porte malheur !

 

Géraldine Overney

 

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