Le Vaudois, ce bourgeois gentilhomme

La Confrérie de Bourgeois Vaudois a décerné jeudi 29 octobre un prix de 10’000 francs à la Société des Amis du Château de la Sarraz pour ses actions au profit du canton de Vaud. L’occasion de rencontrer le Gouverneur de la Confrérie, Philippe Guillemin pour en savoir plus sur cette communauté.

 

Le 29 octobre a eu lieu la remise du Prix du Patrimoine 2015 au Château de la Sarraz, dans une salle somptueuse avec les murs recouverts de portraits anciens. Une cérémonie très solennelle accompagnée de la présence de Madame Jacqueline de Quattro, Conseillère d’Etat. Les discours s’enchainent, les trompettes raisonnent, les applaudissements retentissent puis arrive le moment de la remise du prix. Il faut savoir que le Prix du Patrimoine est d’une valeur de 10’000 francs et qu’il est remis tous les deux ans, par la Confrérie de Bourgeois Vaudois, à une personne physique ou morale qui s’est distinguée par une action, un comportement, un apport intellectuel ou patrimonial au profit du canton de Vaud et pour le bien de celui-ci. Cette année il revient à la Société des Amis du Château de la Sarraz dans le but d’aider financièrement son projet de Renaissance du Château ainsi que pour conserver ses nombreuses collections.

 

Francs camarades et fervents admirateurs

La Confrérie de Bourgeois Vaudois a été fondée en 1964 par huit Vaudois impliquées politiquement et économiquement dans le canton. Leur but : défendre le patrimoine et resserrer les liens d’amitié et de franche camaraderie entre fervents admirateurs des sites, des coutumes et des mœurs vaudois. A l’époque, explique Philippe Guillemin, il s’agissait plutôt d’un clan aux couleurs politiques radicales, mais aujourd’hui, c’est bien leur amour pour le canton qui réunit les 123 membres, tous partis confondus. Une Confrérie implique une hiérarchie. Celle-ci se constitue d’un gouverneur, d’un vice–gouverneur, d’un scribe, d’un conseiller au trésor, d’un sage, d’un héraut et d’un maître de banquet. Les membres se réunissent lors de quatre banquets annuels. Parmi eux, celui du 14 avril, date symbolique puisqu’il s’agit de l’entrée du canton de Vaud dans la Confédération. Un rendez-vous qui a lieu dans un château. C’est à ce moment que se déroule l’intronisation des nouveaux membres. Le banquet d’été se veut plus rustique : il se déroule dans un alpage ou dans un refuge. Une Confrérie implique aussi un code vestimentaire : complet cravate pour les Confrères. Les membres du conseil eux, portent par dessus leur complet, une cape aux couleurs de la Confrérie ainsi que pour chacun, un écusson de sa commune d’origine.

 

Des critères d’admission sélectifs

Comment devenir Confrère ? Être un homme d’abord, eh oui il n’y a pas de Consœurs chez les Bourgeois Vaudois. Puis il s’agit d’être Vaudois d’origine et de remplir certains critères d’admissions plutôt sélectifs. Ainsi, seules des personnes bien établies politiquement et économiquement peuvent rejoindre la Confrérie. De plus, le candidat doit bénéficier du soutien de deux parrains, déjà Confrères. Enfin, chaque membre doit être issu d’une commune d’origine différente. Mais attention, les communes prises en compte sont celles datant de 1803, car de nos jours elles fusionnent ou ses séparent, donc pour la Confrérie, les communes qui comptent sont celles datant de la naissance du canton.

Les Bourgeois Vaudois comptent et ont compté certaines personnalités parmi leurs rangs, plusieurs hommes politiques, donc l’ancien Conseiller Fédéral Jean–Pascal Delamuraz, plusieurs membres du Conseil National ainsi que du Conseil d’Etat. Ils comptent aussi de nombreux syndics, députés, directeurs d’entreprises et grands responsables. Le but de la Confrérie n’est évidemment pas de réunir des personnes connues, mais bien de rassembler des gens qui portent le même intérêt pour le canton de Vaud.

 

De l’ombre à la lumière

La Confrérie ne s’est longtemps pas montrés, ce n’était pas son intention. Aujourd’hui, c’est différent. Depuis la création du Prix du Patrimoine en 2009, il y a un intérêt à se faire connaître et surtout à parler des personnes qui reçoivent ledit prix, non seulement pour évoquer leurs actions pour le canton mais aussi pour mettre en valeur des endroits magnifiques, qui ont une histoire et une valeur culturelles fortes.

 

CZ

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