L’humour a saigné au NIFFF

Il n’y a que le NIFFF pour passer ce genre de film. C’est peut-être la phrase que l’on entend le plus souvent durant et après le festival de films fantastiques de Neuchâtel. On le dit notamment au sujet des ovnis cinématographiques tels que les indétrônables The Troll Hunter ou What We Do In The Shadows. Qu’en est-il de l’édition 2015 ?

Cette année trois films ont retenu notre attention : Brigend de Jeppe Rønde, The Voices de Marjane Satrapi et Green Room de Jeremy Saulnier. Ce dernier a notamment remporté trois prix du festival : le prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur film, le prix de la Jeunesse Denis-de-Rougemont et le prix RTS du public. Autrement dit, il a presque fait l’unanimité.

Nous évoquons dès lors les deux premiers films de notre séléction. Brigend, une co-production britanico-dannoise, a le mérite de glacer le sang du spectateur sans éclats de sang et interroge surtout le public sur un sujet grave : le suicide adolescent. Rien de très gore mais l’effet psychologique est clairement de mise. Bien sûr, il ne faut pas le regarder lorsqu’on va mal ou pour espérer rire. Néanmoins, la photographie et la force métaphorique du film méritent un coup d’œil attentif.

Par ailleurs, le réalisateur Jeppe Rønde impose son style cinématographique oscillant entre la gravité de la thématique et le sublime de l’amitié ou l’amour qui lient des adolescents entre eux jusqu’à la folie. Ainsi, les scènes déstabilisantes et réconfortantes se succèdent au rythme À titre personnel, je n’ai jamais vu un film secouant à ce point. Ah si ! Peut-être un : Requiem for a dream de Darren Aronofsky. Bref, vous pouvez imaginer l’ambiance.

Dans un genre bien plus loufoque, The Voices a fait frissonner de rire un public conquis lors de la première projection. C’est l’histoire d’un homme qui entend la voix de son chien et de son chat. Le premier est l’ami sympa et le second le psychopathe. Il travaille dans une usine qu’il voit différemment que tous les autres employés. D’abord, l’homme apparaît comme un rayon de soleil au milieu de la fabrique avant de se transformer petit à petit en serial killer et tétanisé toute la ville.

Ce n’est pas drôle ? Détrompez-vous ! Marjane Satrapi a trouvé l’équilibre entre le malaise face à la maladie psychologique qui peut toucher les tueurs en série et un humour savoureux très second degré. La bédéiste et réalisatrice irano-française surpend par une excellente comédie qui contraste assez brutalement avec le film d’animation qui l’a fait connaître : Persepolis. The Voices est peut-être un digne successeur de The Troll Hunter et What We Do In The Shadows.

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