Croire que l’on croit ce que l’on veut

Depuis toujours, les hommes se battent pour leur liberté. Ils se rebellent contre les puissances qui les empêchent d’être libres et qui ne veulent que le pouvoir. Que ce soit dans l’esclavagisme à l’époque des Égyptiens ou pendant les traites négrières aux 17ème et 18ème siècles, la principale valeur des hommes est la liberté. À chaque âge, nous voulons être libres, choisir chaque chose, partant du simple repas de midi au métier de notre vie. Dès l’enfance le désir de liberté est présent. Mais il y a une liberté très importante pour les hommes qui n’a rien de matériel : la liberté de penser et de croire. Et si quelqu’un pouvait manipuler nos pensées et nos croyances ?

Inculquer une croyance dans la tête de quelqu’un n’est pas forcément chose aisée : ce n’est pas quelque chose de matériel que l’on peut forcer à faire, même par la violence. Toutes les menaces du monde ne pourront rien changer à notre pensée, et personne n’est là pour le vérifier. Notre pensée nous appartient et personne ne peut nous empêcher de penser. Là est donc toute la difficulté : comment manipuler quelque chose d’inaccessible, ancrer en chacun de nous et qui peut basculer à tout moment ? La réponse peut paraître simple : le temps. Une rumeur se propage rapidement et la vérité est tellement vite déformée et amplifiée qu’à force de l’entendre partout, on finit par y croire.

Aujourd’hui, dans le monde moderne, tout nous laisse croire que nous avons le choix, tout le temps. Nous pouvons par exemple choisir la marque, la grandeur, la couleur de notre ordinateur et j’en passe, nous croyons donc avoir le choix. Mais avons-nous vraiment le choix d’avoir un ordinateur ou non ? Aujourd’hui la technologie est omniprésente et il devient indispensable d’y participer. Personne ne nous y oblige, mais c’est indispensable. Pouvons-nous encore appeler ça un choix ?

Lorsqu’un événement important se produit, un événement choquant apparaissant à la une de tous les journaux, les gens se pressent pour savoir ce qu’il s’est passé. Prenons par exemple l’événement dramatique du 11 septembre 2001 : à la télévision, dans les journaux, à la radio, sur internet, les informations fusent de partout et les images sont montrées encore et encore. Le monde est choqué et bouleversé, il n’arrive pas à y croire. Immédiatement, les questions se posent : Qui ? Pourquoi ? Comment ? Les gens cherchent les réponses et, dans la confusion, sont prêts à croire n’importe quoi. Que rêver de mieux qu’une confusion totale pour ancrer une croyance dans la tête du peuple ? Un tel drame mérite une accusation et une punition au responsable. Il en faut un, tout de suite. À partir de ce moment, les puissants de ce monde n’ont qu’à prononcer un mot, la majorité du peuple, pendu à leurs lèvres, les croira. Il est logique de suivre les personnes qui semblent s’y connaître le plus lorsqu’on ne connaît pas nous-même les circonstances, et nous faisons donc confiance aux dirigeants de notre monde, ceux que nous avons choisis pour nous guider.

Prenons un autre exemple beaucoup plus lointain mais toujours d’actualité : la religion. Comment se fait-il qu’il en existe plusieurs alors que le sujet principal est le même ? Simplement car il y a des centaines d’années, les différentes peuplades ont bien dû trouver une raison à leur existence, un but à leur vie et comprendre qui les avait amenés sur cette terre, et à chaque peuple a donc vite appartenu une culture et une croyance. Au fil du temps, les familles se sont instruis, leur culture et, de génération en génération, la croyance a persisté. Un enfant naissant dans une famille catholique, juive ou indoue garde en général sa culture jusqu’à sa mort (à l’exception de quelque cas de conversion religieuse). Mais l’enfant a-t-il pu choisir sa religion ? Il est normal que les parents éduquent leur enfant selon leurs croyances, car eux-mêmes ont été éduqués ainsi, tout comme leurs parents, leurs grands-parents et leurs ancêtres. Une fois l’enfant devenu adulte, il croit dur comme fer à ce que ses parents lui ont appris et n’est parfois pas ouvert à d’autres religions, ce qui forme des conflits. Il dira qu’il a choisi sa propre religion, mais, dans un certain sens, appartenir à une religion est déjà une forme de contrainte.

Comme l’a dit Aristote, la nature crée à son départ d’une part des êtres que leur intelligence destine à commander, et d’autre part des êtres que leur seule force corporelle voue à l’obéissance. Et si, cachés de tous, les premiers êtres dont parle Aristote manipulaient subtilement nos croyances, en nous laissant l’impression d’avoir le choix pour n’éveiller aucuns soupçons ?

AuHu

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