Spoutnik le nouveau média étatique russe

Un nouveau média étatique russe est né depuis peu ; Spoutnik. Censé amener un nouveau point de vue sur l’actualité mondiale et combattre la propagande des pays capitalistes, le nouveau projet russe semble vouloir gagner en popularité internationale. Et la presse Suisse dans tout ça, est-elle aussi intouchable par la censure que ça ? Découverte de deux modèles médiatiques.

Photo : source. Web

Le 10 novembre dernier, la Russie a lancé Spoutnik (littéralement Satellite en russe), un nouveau média en ligne censé « combattre la propagande de l’ouest. » Contrôlé par le groupe étatique de médias soviétique Rossiya Segodnya, ce projet est disponible dans plusieurs langues et surtout dans plusieurs pays dont le France et la Grande Bretagne. Dmitri Kisselev (président de Rossiya Segodnya) a en effet expliqué lors d’une conférence de presse que Spoutnik dispose de plateformes dans plusieurs villes du monde. Les articles y sont rédigés et enregistrés dans le but de s’adresser aux personnes locales à propos de nouvelles de leur propre région. C’est-à-dire que Spoutnik ne traite pas seulement de la Russie mais également de toutes autres nouvelles internationales, toujours selon un angle approuvé par le Kremlin bien sûr.

En faisant un petit tour sur le site de Spoutnik, l’on découvre qu’il dispose de plusieurs rubriques dont une est dédiée exclusivement aux informations russes et une autre concernant toutes les news internationales. En y regardant de plus près, certains articles attirent plus l’attention que d’autres. Le Kremlin prédit notamment qu’en 2020 le président des Etats unis sera végétarien ou encore il affirme pouvoir décoder le langage corporel des chefs de Nations. Vladimir Poutine est heureux et attentif alors que la chancelière Angela Merkel semble être une femme craintive.

La liberté de la presse est très limitée en Russie. D’après Reporters Sans frontières, la Russie exerce de la censure dans quasi tous ses médias et se classe 148ème dans le classement de la liberté d’expression par pays. De nombreux journalistes y sont également emprisonnés à cause de leur travail et idées qui ne correspondent pas à celles du Kremlin. Rappelons aussi que certains journalistes ont même été assassinés, comme le cas de Anna Politkovskaïa. Journaliste militante des droits de l’homme et opposée à la politique de Poutine, elle avait été retrouvée morte dans une cage d’escalier le 7 octobre 2006, soit le même jour que l’anniversaire du président russe. L’enquête sur sa mort a même inspiré un film, « 211 : Anna », réalisé par Giovanna Massimetti et Paolo Serbandini.

Même si le cas extrême en matière de presse contrôlée et censurée par l’état nous semble bien éloignée, la Suisse n’est pas entièrement exempte de surveillance ni participation de l’état elle non plus. En effet, les médias suisses dépendent énormément de publicités mais aussi notamment de la poste dans le cadre de la livraison des journaux. Cette taxe est subventionnée par l’état, du moins en ce qui concerne les journaux les plus importants. De ce fait la presse suisse dépend bel et bien d’une certaine façon de l’état.

En ce qui concerne la censure médiatique en Suisse il en existe plusieurs exemples, notamment l’affaire Giroud Vins de l’année passée. Deux reportages de la RTS avaient été censurés suite à l’intervention de la justice valaisanne. En effet, Giroud Vins avait fait appel au tribunal de Sion afin d’empêcher deux reportages d’être diffusés. Finalement, quelques jours plus tard, ces séquences avaient tout de fois pu être émises. Même si l’état n’y était pour rien, il n’en reste pas moins que la presse suisse n’est pas aussi intouchable que l’on ne le pense.

Seka

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