Après les Jeux Olympiques, le casse-tête…

Des infrastructures colossales sont mises en œuvre pour les grandes compétitions sportives… Mais une fois finies, quels sorts sont réservés à ces lieux d’euphorie éphémère ? Stades fantômes et villages olympiques en ruine contrastent avec des restructurations ingénieuses ! Photo : web

Moderne, technologique, tape-à-l’œil… Chaque édition des Jeux Olympiques essaie de faire plus fou que son prédécesseur. Mais cela a un impact sur le paysage et l’économie de ces pays sur le long terme. Plusieurs sites à travers le monde témoignent de l’utilité bien éphémère d’une compétition sportive… Certains ont su leur donner un second souffle, voire une nouvelle vie, mais bien d’autres ont échoué et laissent derrière eux un héritage matériel lourd et sans utilité.

Des sports à la guerre…

 A Berlin, on peut désormais visiter le village olympique fantôme de 1936. Abandonné depuis 1992, le site de 550’000m2 a servi entre temps à l’armée nazie puis à l’armée soviétique. Qu’il est loin le temps des exploits de Jesse Owens ! On y retrouve une sculpture de soldats nazis et des inscriptions en cyrillique au milieu des vestiges des chambres des athlètes, d’une piscine et même d’un théâtre…

En 1984, Sarajevo accueillait les J.O. d’hiver. Aujourd’hui, on retrouve une piste de bobsleigh et une rampe de saut à ski abandonnées au milieu de la forêt. Le village olympique est lui partiellement en ruine, n’ayant pas résisté aux ravages de la guerre de Yougoslavie…

Les vestiges de Berlin et Sarajevo laissent un goût amer. Entachés par l’armée et la guerre, l’état dépravé de ces sites est compréhensible. Ca l’est moins pour des compétitions plus récentes et dont les infrastructures sont tout autant inutilisées aujourd’hui !

 De l’Olympe aux enfers…

 En 2004, Athènes était le centre du monde. Berceau des Jeux Olympiques, les organisateurs se devaient d’être à la hauteur de leur slogan : « Welcome Home !». A l’image du mythe d’Icare, le pays a vu les choses en grand et s’est brûlé les ailes. Ils ont dépensé l’argent dans des structures modernes, sans réfléchir à leur utilité au-delà de la compétition. Ajoutez à cela des prêts astronomiques… Le résultat ? La grande majorité des infrastructures à l’abandon et une dette toujours impayée. Selon Jacques Rogge, président du CIO, 2 à 3% de la dette grecque peut être attribuée au désastre des Jeux Olympiques.

Athènes n’est pas la seule à connaître des difficultés. Bejing peine à accomplir sa reconversion depuis 2008. Si la piscine olympique ultra-moderne a trouvé une deuxième vie sous forme d’un parc aquatique, le stade de volleyball et la piste de kayak sont eux à l’abandon par exemple. Le stade olympique, surnommé Nid d’Oiseau, est lui devenu une attraction touristique importante mais n’a accueilli que très peu d’événements sportifs.

London 2012, un exemple de reconversion ?

Le projet « London 2012 » a toujours été bien plus qu’une compétition sportive. Il devait en effet permettre la redynamisation de toute la partie Est de la ville. Et cela semble être sur la bonne voie. Le village olympique a été reconverti en plus de 3’000 appartements dans le quartier baptisé « East Village ». Le stade olympique a été vendu au club de Football West Ham United. Mais surtout, le site olympique laissera place à l’un des plus grands parcs urbains d’Europe : le Queen Elizabeth Olympic Park. D’ici 2014, les 226 hectares comporteront de grands espaces verts, des appartements, des centres culturels, des pistes cyclables, des événements sportifs et musicaux… 9.3 millions de visiteurs par an sont attendus dès 2016 !

Avant la capitale britannique, Barcelone avait réussi en 1992 un coup de maître en transformant ses bords de mer industriels en plages dans le cadre du projet olympique. L’ancien site est encore aujourd’hui une attraction touristique majeure.

Des stades à géométrie variable ? 

Les Jeux Olympiques ne sont pas les seuls à pâtir de ce casse-tête. Le cas de la coupe du monde de football est éloquent. Tout comme pour les J.O., la FIFA tient à organiser ses compétitions dans toutes les régions du globe. Un problème se pose alors. Qu’advient-il des immenses stades dans les pays où le football n’est pas roi ? En Afrique du Sud, pays organisateur en 2010, le championnat national remplit désormais les stades à seulement 5-10% de leurs capacités.

Malgré tous les problèmes qu’a engendré l’attribution de la coupe du monde 2022 au Qatar, un élément positif est à relever. En effet, la plupart des stades seront modulables. Certains seront réduits de la moitié de leur capacité après la compétition et les installations restantes seront léguées à des pays en voie de développement.

La solution de stades temporaires ou modulables peut être une bonne voie à suivre pour les futurs Jeux Olympiques. Il y a en tout cas une prise de conscience. Sous forme d’installations temporaires ou faisant partie d’un projet sur le long terme, la planification doit être faite au-delà de la durée de la compétition. Espérons que ce critère deviendra central dans l’attribution des futures Olympiades…

S.R.

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