Steve Jobs : Le Dieu d’une nouvelle religion

Il suffit de faire un voyage en train pour s’apercevoir que les produits Apple sont partout. Iphones, Ipads et Macintosh de toutes les tailles circulent au cœur de notre société de consommation. L’homme moderne veut conquérir le monde virtuel, comme si la simple réalité n’était plus suffisante pour le satisfaire. Photo : web

Il suffit de faire un voyage en train pour s’apercevoir que les produits Apple sont partout. Iphones, Ipads et Macintosh de toutes les tailles circulent au cœur de notre société de consommation. L’homme moderne veut conquérir le monde virtuel, comme si la simple réalité n’était plus suffisante pour le satisfaire.

Un des fondateurs de cette marque internationalement connue a créé un émoi quasiment universel au moment de sa mort : Steve Jobs a été élevé au rang de guide spirituel, ou de gourou pour les mauvaises langues.

L’explication d’une telle ovation est simple : Steve Jobs était, sans conteste, un véritable génie. Il a en effet réussi à créer un mouvement contre-culturel qui s’est transformé très vite en phénomène mondial. En d’autres termes, les produits Apple ont été pensés de manière innovante afin d’être fondamentalement différents des produits proposés sur le marché, d’apporter autre chose au consommateur que l’utilité pure, créant ainsi une opposition à la culture mise en place. Le produit Apple est une œuvre d’art intelligente, au point de provoquer chez les addicts des décharges hormonales au même titre que la peur, l’amour ou la drogue. Cela semble parfaitement farfelu, et pourtant les collectionneurs sont de plus en plus nombreux, faisant la queue pendant des jours au moment de la sortie d’un nouveau produit, comme un groupe d’adolescents attendent la venue sur scène de leur groupe préféré.

Cela semble complètement fou mais c’est en vérité une entreprise basée sur un concept très simple : l’effet de mode.

La « mode », ou le besoin de montrer son appartenance sociale au travers de ce que l’on possède, existe depuis la fin du 18e siècle. Avant cela, seuls les individus d’une grande noblesse avaient plusieurs vêtements ou meubles travaillés, et précieux de surcroît. Avec les progrès industriels et donc la banalisation d’un grand nombre de produits auparavant rares, l’envie de se démarquer au travers des biens matériels s’est étendue dans les classes sociales de moins en moins fortunées. De nos jours, la classe moyenne, dans les pays comme les Etats-Unis ou la Suisse par exemple, est très riche. Ce besoin de s’affirmer en tant que consommateur est donc présent chez énormément de gens. Le capitalisme n’a jamais été aussi puissant, avec dans sa cavalerie des marques faisant fantasmer les individus qui, au comble du confort matériel, s’inventent des passions de toutes sortes pour combler une faim qui semble insatiable. En effet, comment est-il possible d’avoir mieux que son voisin si lui a exactement la même idée en tête ? La concurrence ne finit jamais, ce qui nourrit à outrance des sociétés à la mode comme Apple.

Alors, en ce qui concerne cette société, ange de la technologie et des progrès de l’homme, ou démon du capitalisme et de la consommation ? Dans tous les cas, il suffit de se retourner dans un amphithéâtre d’université pour conclure que le bébé de Steve Jobs a encore de beaux jours devant lui.

Pour en savoir plus : Reportage, Apple, la tyrannie du cool – http://www.youtube.com/watch?v=ZHUpFLIURXc

MD

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