Et demain, la musique..?

L’industrie du disque est en pleine révolution technologique et sociale, guidée par une musique qui se veut toujours plus universelle, homogène et accessible. Une musique pour tous et par tous. Aperçu en ré-mineur. 

Photo : Web On nous rabâche sans relâche que la musique se porte au mieux. Mais de quelle musique s’agit-il réellement? Celle qui s’écrit sans paroles et sans vécu? Celle qui périme aussi rapidement qu’elle s’est imposée comme “tube inter-planétaire” fredonné deux semaines seulement, que des playlists pré-fabriquées sans saveur jouent en boucles?
Le tout pendant qu’iTunes se remplit les poches et que la musique file d’un ordinateur à un smartphone, d’une tablette tactile à nos casques hors de prix scotchés sur nos oreilles désormais insensibles à ce qui se passe derrière chaque titre. Cette musique est devenue un marché mondial, une véritable course technologique.

C’est si agréable de parcourir les rangées de CD qui s’affrontent du regard mais cohabitent finalement sans problème. Un petit picotement prend place au creux de l’échine alors que vous découvrez pour la première fois, le titre d’un artiste inconnu. Et puis c’est l’album entier qui vous gagne, un univers particulier, des instrumentations qui sonnent divinement à vos oreilles. Le Saint-Graal de la surprise musicale. Enfin, un billet fait son apparition (la carte-bleue ça marche aussi), sorti sans regrets et le sourire aux lèvres, avec la hâte incommensurable d’écouter l’acquisition toute fraîche dans la voiture ou les transports en commun. Se laisser porter par un rock endiablé, un rap accusateur, une pop novatrice, un classique monumental, un blues mélancolique, un jazz déjanté….
Magie inexplicable de cette diversité qui nous habite et dont nous revendiquons souvent les vertus, le plaisir, la passion, l’inspiration.

Alors comment expliquer la hausse alarmante du téléchargement illégal qui ne cesse de faire polémique et est un outrage aux artistes, à leur travail et à leur talent. Comment expliquer le peu d’attrait que représente aujourd’hui le CD physique aux yeux des auditeurs qui souhaitent accéder immédiatement à la musique qu’ils aiment, sans avoir à se déplacer et gratuitement si possible. Un public hétérogène (à tendance jeune il faut l’avouer) qui veut renouveler sa bibliothèque musicale toutes les semaines en un seul clic.
D’après un article web anonyme du site 365mots, l’avenir se trouve dans le numérique puisque le physique devient obsolète, comme l’affirme ce rédacteur en comparant l’industrie du disque à l’agonie de la lettre face au mail: “Quelques passionnés continuent leurs échanges papiers, collectionnent des timbres, mais sont marginaux. Dans peu de temps, ce seront les mêmes qui continueront à acheter des CDs.”
Sauf que la lettre, elle, est personnelle et ne contient rien qui appartienne à autrui. Chanteurs, musiciens, compositeurs, interprètes, maisons de disques, manageurs… Et tant d’autres encore qui vivent du partage de leur univers musical.

Vous tenez encore votre dernier achat entre vos mains, fiers et les yeux pétillants. Vous pensez à l’univers musical laissé par votre grand-père, fidèle collectionneur de vinyles qui ont traversé les années, chargés d’histoire, marqués par le temps mais intrépides pionniers de la musique “at home” que l’on peut écouter à s’en rendre ivre.
En attendant la musique file et défile sur les ondes, téléchargée des millions de fois, affront au concret, pourtant représentative de notre société qui pianote à vitesse accélérée dans le numérique sans se soucier des véritables notes de musique. Accro’ aux sons électroniques, new-wave de la génération bruit sans limites.

C’est un fait, la musique change et évolue; elle s’adapte à son temps et se plie aux volontés de chaque époque. Alors à quand la musique sans chanteurs, sans artistes des mélodies, sans compositeurs de génie? Bach se retourne dans sa tombe et attend l’hécatombe. Serait-ce inévitable?

NoAn

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