La nouvelle reine du sprint étudie à Neuchâtel

photo Fanette Humair-1Peut-être ne le saviez-vous pas, mais plusieurs jeunes athlètes sont inscrits à l’université de Neuchâtel. Fanette Humair, la nouvelle étoile du sprint suisse en fait partie. L’article.ch l’a rencontrée.

Photo : Fanette Humair

C’est tout sourire que Fanette Humair, étudiante en dernière année de Bachelor à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université de Neuchâtel, accepte de revenir sur sa passion : l’athlétisme. La jeune athlète de 21 ans s’entraîne au FSG Bassecourt (Jura) depuis plus de 10 ans déjà et enchaîne les performances. Retour sur les premiers pas d’une sprinteuse promise à un bel avenir sportif.

Chez les Humair, l’athlétisme est une affaire de famille. Initiées par leurs parents, les sœurs Aurélie et Fanette ont évolué au sein du FSG Bassecourt, un club dont elles portent haut les couleurs aujourd’hui. Aurélie Humair, qui a participé à deux reprises au championnat d’Europe, a réalisé de beaux résultats et elle est actuellement l’un des cadres suisses de relais 4×100 mètres féminin. Quant à Fanette, après s’être essayée en premier lieu au saut en hauteur, elle s’est finalement tournée vers le sprint (100 m) et le 200 m. La jeune femme, actuellement classée dans la catégorie U23 (moins de 23 ans), fait partie des espoirs suisses. La catégorie femme constituera l’étape suivante. Fanette, bien qu’elle n’ait pas encore atteint l’âge minimal requis, y a déjà concouru grâce aux temps qu’elle a réalisés. Les sœurs Humair prennent souvent part aux mêmes courses, ce qui n’est pas pour déplaire à Fanette, qui assure qu’elle n’est pas jalouse d’Aurélie. Chacune a d’ailleurs ses points forts. Dans un 200m, Aurélie est plus rapide dans les virages et réalise souvent un meilleur temps que sa sœur durant les 100 premiers mètres, alors que Fanette excelle dans les derniers 100 mètres en ligne droite.  « Ma sœur m’aide beaucoup, elle a un super bon départ, du coup, ça te pousse, ça te tire » relève la jeune femme.

Pour Fanette, le sport est « devenu presqu’une habitude. C’est une passion mais aussi un besoin. » Le 200m constitue la discipline phare de la jeune athlète. Pourtant, elle a aussi décidé de se consacrer au sprint (100m). Blessée en février 2012, Fanette a dû attendre le mois de septembre de la même année avant de prendre part à une compétition. Les records établis ce mois-là (12.06 secondes au 100m et 24.63 au 200m) ont récompensé son attente et lui ont surtout permis d’être couronnée championne suisse dans sa catégorie.  En 2013, elle a participé à plusieurs meetings et confie : « mon but, c’était de faire des limites au championnat d’Europe U23 ». Un événement qui prendra place en Finlande du 11 au 14 juillet et pour lequel la jeune femme a décroché une place tant au 200m (en 24.16 avec une limite de 24.20) que au 100 m (11.76 et limite à 11.85). La qualification pour le 100m remonte au meeting d’Yverdon (15-16 juin) et a surpris la jeune athlète, qui ne s’y attendait pas. « Avec 11.76, ça change tout. De 12.06 à 11.76, je suis peut-être passée de la 12e place suisse à la 3e place » explique Fanette. Il lui faut dorénavant de la constance. Par ailleurs, ce résultat  lui permet d’intégrer l’équipe suisse du projet 4x 100 mètres (dans laquelle évoluent Léa et Ellen Sprunger notamment, deux athlètes ayant pris part aux Jeux Olympiques de Londres en 2012). Ne sachant pas si elle sera titularisée dans l’équipe, la jeune femme peut toutefois nourrir certains espoirs : « Les JO, c’est en 2016, jusque-là, il y a encore du temps….du coup, on ne sait jamais ! » lâche-elle en souriant.

Quant à la conciliation du sport de haut niveau et des études? Elle avoue que ce n’est pas toujours évident mais qu’elle s’impose une certaine discipline, afin de gérer au mieux son temps. Lorsqu’elle n’étudie pas, Fanette part à l’entraînement (5 fois par semaine), ce qui lui laisse peu de temps libre. Cela suppose de trouver un  équilibre ainsi que d’adopter une certaine hygiène de vie. Dans cette optique, deux éléments sont à ne surtout pas négliger : une alimentation équilibrée renforcée par des compléments alimentaires ainsi qu’une récupération physique suffisante. « Cela ne sert à rien de s’entraîner 5 fois par semaine si tu ne fais pas après la récupération nécessaire, car pour les muscles, il y a des trucs assez violents » précise-t-elle. Le massage est essentiel et elle essaie d’y recourir au moins 1 fois par semaine.

La jeune femme s’engage de manière sérieuse dans sa discipline, d’autant qu’elle apprécie la compétition. Mais pour elle, pas question d’écraser ses concurrentes car « quand on est en compétition, j’ai envie que tout le monde réussisse. Du coup, c’est plus un combat contre moi-même qu’un combat contre les autres ». Fanette souligne d’ailleurs que l’athlète doit avant tout se concentrer sur lui-même. Une philosophie que les entraîneurs du FSG Bassecourt (Pierre Zingg, Christian Vernier et André Guerdat notamment) lui ont transmis et qu’elle s’efforce de suivre. Un aspect entrant dans la préparation mentale, devenue  essentielle à un tel niveau.  Fanette avoue que sa blessure en 2012 l’a déstabilisée, parce qu’elle a instillé en elle la peur de se blesser à nouveau. Et puis, l’échec n’est pas toujours facile à digérer. « Je voudrais toujours faire mieux, alors que je ne suis pas une machine. Du coup, je me mets toujours cette pression de vouloir faire bien » ajoute-elle. Les conseils d’un psychologue du sport peuvent également se révéler utiles et Fanette y songe. D’autant que les championnats d’Europe arrivent à grands pas et que la jeune athlète  ne sait pas à quoi s’attendre. Elle se doute que l’on attend d’elle des résultats, souhaitons-lui alors de parvenir à gérer au mieux cet événement.

M.Ch

Pour plus d’informations : FSG Bassecourt 

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