Les 7 péchés capitaux des banques

Pechesbanques2Toxicomanie, perversion, mégalomanie ou vampirisme, les banques sont passées au crible et leurs péchés mis en exergue par un site internet créé par les verts européens. Leurs sept péchés capitaux sont donc cités et décrit, puis la solution pour y remédier est donnée. Petit tour d’horizon.

Photo : web

Nous connaissons tous les 7 péchés capitaux, envie, luxure, gourmandise, etc. Mais voilà que ceux-ci sont appliqués et transformés pour s’attaquer aux grandes et méchantes banques. Pour chacun d’eux, il y a une présentation, soutenue par des chiffres clés (d’où on ne sait pas trop la provenance) et LA solution miracle. Vraiment? C’est ce que nous allons voir.

Le site internet (www.pechesbancaires.eu) est réalisé de telle manière que dès la page d’accueil, on soit mis dans l’ambiance. Bruitage et fond sonore un peu sombre, on peut voir des constructions d’immeubles brûler. Mais cela reste très kitsch dans l’ensemble! Petites ailes de diablotins pour présenter les péchés, animations en tous genre (banquier qui passe d’ange à démon lorsqu’on lui donne de l’argent, chérubin qui vient sonner la trompette de la victoire en présentant la solution, etc.), il y a de quoi rigoler un petit moment. Voici donc un petit compte rendu des différents péchés et des solutions qui sont proposées.

Premier péché : la toxicomanie

Les banques préfèrent procéder à l’achat et à la vente de produits financiers hautement spéculatifs plutôt que d’accorder des prêts en entreprises et aux particuliers, car elles y gagnent plus. D’après eux, elles n’ont d’ailleurs pas peur de créer des produits financiers sous le couvert de l’innovation financière, « ce qui mène parfois à l’absurde » pour les citer. Vient une présentation des chiffres (basée sur leur propre étude de rapport des banques concernées) et une solution : interdire les produits spéculatifs. Purement et simplement!

Deuxième péché : la mégalomanie

Ce qui est reproché aux banques, c’est de vouloir devenir toujours plus grand, l’appât du gain y étant pour beaucoup. Ce qui induit une accumulation des risques. Ils démontrent, grâce à leurs chiffre clé, que 5 méga-banques (en France) possèdent 80% des actifs du secteur bancaire. Pour en finir, la solution est très simple. Réduire la taille des banques. Ils souhaitent que les banques « to  big to fail » (trop grande pour faire faillite, l’État doit leur venir en aide s’il y a un soucis) disparaissent, grâce à un démantèlement des banques systémiques et en augmentant les exigences de fonds propres.

Troisième péché : la perversion

On reproche aux banques dans ce troisième péché, le fait qu’elles ne se contentent plus de servir l’économie réelle, mais utilisent l’argent pour spéculer. Il y a eu un décloisonnement des banques qui a permis la création de banques universelles qui se permettent d’utiliser l’épargne du client pour spéculer. Leurs chiffres montrent bien que certaines banques « jouent au casino ». Il faut donc tenter de les reconnaître pour arriver à la solution: séparer les métiers bancaires. Il faut donc, d’après eux, réintroduire une double séparation. Séparer les banques de détails et les banques d’investissement, ainsi que séparer les activités du conseil et les activités de marchés.

Quatrième péché : le vampirisme

D’après eux, les banques seraient fortement subventionnées par l’État (plan d’aide suite à la crise de 2008, mais aussi aides plus méconnues). Ces aides plus méconnues ne sont d’ailleurs que peu expliquée sur le site et leurs chiffres clés ne montrent que les plans de sauvetage. Mais passons (pour le moment) sur ce détail et concentrons nous sur la solution, qui n’est pas plus compliquée que de supprimer toutes aides aux banques! Il faudrait donc que les banques soient soutenues par le secteur privés lors de crises et qu’on les oblige à couvrir leurs dépôts d’épargne.

Cinquième péché : la cupidité

Trader ou directeur de banque, tout deux partagent une vocation commune : l’accumulation frénétique du capital. Les rémunérations hors-normes sont fréquentes et cela pousse à l’accroissement des inégalités salariales. D’après eux, il faudrait donc abolir les revenus excessifs en plafonnant les rémunérations et en taxant les hauts revenus.

Sixième péché : la fourberie

Les banques sont fourbes et dissimulatrice. Elles usent de subterfuges pour « maquiller leurs comptes, contourner les règles de prudence financière, ou encore échapper à l’impôt ». Tout cela grâce aux paradis fiscaux qui contribuent à l’instabilité financière. Pour eux, l’instabilité et l’opacité sont les deux faces d’une même pièce. Un grand nombre de banques européennes possèdent des « entités » dans des paradis fiscaux. Toujours d’après eux, évidemment. La solution est donc de proscrire l’utilisation de paradis fiscaux. Il faudrait que les banques soient plus transparentes et limiter les flux entre celles-ci et ces paradis.

Septième péché : l’imprudence

Ce dernier péché concerne l’endettement. Les banques s’endetteraient pour gagner plus. C’est une stratégie qui offre de bons profits quand le crédit bon marché « coule à flots », mais qui présente de gros risques dans le cas contraire. La solution miracle est donc de désendetter les banques. Il faudrait donc taxer les sources de financement instable et imposer un ratio de levier.

Voici donc un petit tour rapide des 7 péchés capitaux des banques. Ce site internet a décidé de choisir l’humour pour présenter tout cela, malheureusement pour lui, ça ressemble plus à un gros gag que quelque chose de sérieux. Les explications sont parfois incomplètes ou peu claires et les solutions tirées par les cheveux. Dommage car il y a des choses très intéressantes, les banques n’étant absolument pas blanches de tout défaut. Mais malgré cela, il est intéressant d’aller faire un tour sur cette page web, rien que pour les animations qui méritent l’oscar du kitsch.

ChaM

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