Hérois do mar…

Les examens sont terminés ! Quel soulagement ! Je vais enfin pouvoir épeler chacune des lettres du mot « farniente » en savourant chacune d’elles. Car, en effet, les examens à peine finis, je m’envole pour le Portugal, mon pays natal. Cette fois-ci, je ne vais pas retrouver la famille, comme d’ordinaire. Pour la première fois, je pars avec des amis, quatre amis de l’université. Au programme : plage, bronzette, fête et repos mérité.

 

On a loué une petite maison à Armação de Pêra. Au bord de la mer, cette petite ville du sud du Portugal est en plein centre d’une région nommée Algarve. Une région chaude, où le style méditerranéen se confond avec son voisin arabe. Les maisons sont peintes en blanc, le sable est fin, l’eau bleue azur. Une odeur de fleur et de mer, de sel et de sucre pénètre dans mon être et me procure un bien-être merveilleux. Le paysage est si beau que mes yeux en sont éblouis. Remarque, c’est peut-être aussi à cause du soleil que l’on n’avait plus vu en Suisse depuis quelques temps…

On a tenté de profiter un maximum de ces 13 jours de vacances. Plages paradisiaques, îles spectaculaires, architecture typique, spécialités gastronomiques de la région et lieux époustouflants ont marqués notre séjour. Oui, on a bien sûr fait un petit détour par les boîtes de nuit et les centres commerciaux de l’Algarve. Après tout, les vacances sont aussi faites pour ça, non ? On s’est baladé de l’ouest à l’est, à la découverte des plus beaux paysages de la région. Portimão, Albufeira, Alvor, Faro ou encore Tavira sont quelques-unes de nos visites. Du sable, de la roche, de l’eau salée, des pavés dans les rues, les maisons tout en blanc, les marchands au bord de la mer,… Tant de charme et d’émerveillement ! Et durant tout le séjour, rires et grandes discussions nous ont rapprochés et crée des souvenirs innoubliables.

Mais l’endroit dont j’aimerais parler est celui qui m’a le plus marqué lors du séjour. Le bout du monde ou la fin du monde, comme on s’amusait à l’appeler. Le temps d’une journée, on s’est promené au bord de l’océan, là où la terre se finit et la mer commence, pour reprendre les mots de l’écrivain Camões. La Ponta de Sagres et le Cap Saint-Vincent m’ont laissé sans voix. Une énorme falaise se prolongeant sur plusieurs kilomètres et à des dizaines de mètres de hauteur. On s’est assis au bord de la falaise pour contempler l’altitude, la mer qui se jetait contre les rochers, les oiseaux volant vers le nouveau monde. Comment se sent-on face à l’immensité de la planète ? Minuscule, presque insignifiant. Et pourtant, debout, face au vent, on ne peut s’empêcher de se sentir invincible et plein de vie. On se croirait prêt à l’aventure, prêt à partir nous aussi à la découverte de notre Terre. Prêt à sauter aussi, car la hauteur jouait de sa grande tentation, celle de se jeter dans le vide.

Ce dont je me souviens, c’est le vent qui soufflait très fort dans mes oreilles, qui me poussait, comme pour m’obliger à m’éloigner du bord. Le bruit des vagues s’écrasant violemment sur la pierre résonne encore dans ma tête. Mais cette impression contradictoire d’infini et de fin restera gravée à jamais dans ma mémoire. Infini, car l’eau et le ciel décident de s’unir loin, très loin, d’où je suis, pour ne plus jamais se séparer et empêcher quelques intrusions dans leur alliance. Fin, car le monde s’arrête là. Après cette côte, plus rien. Que de l’eau, sur une étendue impressionnante. Quelle beauté !

J’y retournerai, c’est certain. À nouveau, oubliant les risques et les dangers, je me pencherai sur la côte. Je resterai là, à réfléchir, ou sans réfléchir, sans penser, pour une fois. Il ne se passe pas un jour sans que le souvenir de cette journée me revienne. Les bruits et le paysage peuvent être décrits, mais il faut s’y rendre pour ressentir toutes ces sensations uniques et si personnelles. AD

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