Prenons le temps de perdre notre temps.

Viviana von Allmen
Toute une année à travailler, enfin les vacances bien méritées. Parasol, transat, maillot et crème solaire, c’est l’essentiel à avoir. Ici se conjuguent bonne humeur et ambiance familiale. Menu alléchant pour passer d’excellents moments.
Oui, les vacances sont des moments privilégiés de rencontres, d’échanges, de brassage social, d’enrichissement, permettant le développement du lien social. Partir, c’est permettre une vraie rupture avec la vie quotidienne, avec le travail, c’est plus de temps pour le repos, la détente, le divertissement, la découverte et l’épanouissement personnel.
Mais, au cours de cette année la situation sociale du pays a continué à se dégrader et les différents coups portés ont contribué à aggraver les conditions de vie des salariés, des chômeurs, des retraités voir de l’ensemble de la population de notre pays.
Que ce soit sur l’emploi, les salaires, les primes de caisse maladie ou  l’éducation, pas une seule des actions entreprises par les gouvernement n’ont eu d’autre fin que de toucher au plus profond d’elle-même la situation des populations, au profit d’une orientation économique qui aggrave les inégalités pour mieux répondre aux exigences d’une politique libérale.
En effet, la situation n’a jamais été aussi dramatique pour bon nombre de familles. Pour la première fois ce sont tous les médias qui, à leur façon, ont mis l’accent  sur la baisse des départs en vacances.
Pour les «positivistes» la situation se présente différemment. Il y a certains qui n’arrêtent pas de dire «Grâce à la crise les prix des vacances n’ont jamais été aussi bas».
Les producteurs, les hôteliers, les compagnies aériennes et les tour-opérateurs ont intensifié leurs efforts pour baisser les prix, surtout en juin, juste avant l’été. Le consommateur bénéfice donc de promotions pour les départs au printemps.
Mais, qu’en est-il des familles dont leurs vacances se déroulent en juillet et août ?
Les propositions des professionnels du tourisme sont bien belles, hors cela ne règle nullement le fait que les suisses sont encore bien plus fauchés qu’on ne semble l’imaginer, après que le chômage partiel voir le chômage tout court a augmenté vertigineusement.
Pour le peu des chanceux qui partiront en vacances, bien méritées, prenez un peut de soleil aussi pour ceux qui restent.
Alors saison touristique noire, je ne sais pas, grise plutôt, car les gens qui bougent de chez eux sont les mêmes que ceux de l’année dernière ou de il y a 5 ans auparavant. Pour les autres, Prenez le temps de perdre votre temps chez vous.

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