Le Feudataire

Mercredi  19 novembre a eu lieu la Générale du « Feudataire », présenté par la troupe du THUNE, au Collège de la Promenade à Neuchâtel.

« Le Feudataire », une pièce écrite par « le Molière Italien », Carlo Goldoni, est mise en scène, ici, par Jérôme Ricca. L’histoire qui nous est racontée est celle d’un jeune marquis frivole ayant hérité du marquisat de son père, puis toutes les tumultes qu’il suscitera auprès des paysans locaux. 
Kalina Anguelova

Le décor simple, mais non simpliste
Cinq chaises servent de décor unique à cette comédie. La disposition des sièges, remaniée tout au long de la pièce, laisse libre cours à notre imaginaire pour recréer les salles et salons de la noblesse du 18ème. Sans oublier les coins de campagne et de forêt réalisés brillamment par le jeu de lumière et les sièges où des bouts de tissus imitant la verdure y sont déployés.

Les costumes et les masques qui nous transportent aux 18ème siècle
Si certaines tenues semblent travaillées, d’autres paraissent un peu négligées. A l’opposé d’un Marquis à l’habit digne de son personnage, nous avons un Arlequin et un Pantalon dont les vêtements laissent à désirer, d’autant plus que tous deux sont issus de la tradition de la Commedia dell’arte et devraient donc avoir des costumes spécifiques qui nous permettent de les reconnaître sur scène.
Les masques que portent certains des personnages, quant à eux, sont splendides et soulignent à merveille le caractère de chacun d’entre eux.

Le jeu des voix et des postures
C’est incroyable comme les voix et les postures rendent les personnages crédibles. Le parfait exemple est celui du marquis se tenant droit et adoptant une voix et une gestuelle soulignant parfaitement son personnage maniéré et hautin. Mais encore Cecco, un des trois députés, interprété avec brio, incarne par sa posture légèrement recourbée et sa voix puissante, le paysan grossier, un peu violent. Aussi, Pantalon, carrément plié en deux durant toute la pièce, avec une voix basse, transpire la malice.
Cependant, on peut noter un manque de profondeur de certains personnages ainsi que de petites erreurs de texte, bien rattrapées heureusement, mais cela, ne nous empêche pas d’apprécier le  spectacle.

La touche d’humour et de légèreté
Le thème, sérieux, que constitue l’héritage d’un territoire est ici abordé avec humour et légèreté. Tous les conflits finissent par nous faire rire. A travers les scènes burlesques et parfois absurdes, le contraste entre la noblesse de l’époque et le peuple se fera fortement ressentir.
Même avec les quelques imperfections, n’oublions pas que tous les acteurs sont des amateurs, et notons l’effort de la part de ces derniers à nous donner un spectacle digne de Goldoni.

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