Parodie d’une apocalypse

Viviana von Allmen
Il y avait du monde pour la première de trois uniques représentations de «Le grand feu d’artifice ou la fin du monde» de Karl Valentin.
Le spectacle a été créé sur la base de courtes pièces et de sketches de l’auteur. Son oeuvre met en évidence le hic du langage dans la compréhension humaine le tout dans un cadre comique extravagant. Il s’exprime dans un ton surréaliste et met dans la bouche de ses personnages des démonstrations
cinglantes et redoutables d’intelligence, pour montrer la bêtise du système. «Nous avons choisi de faire un collage de textes de tranché écrits à la fin de sa vie» rapporte Guy Delafontaine. L’interprète de
«l’aubergiste» est aussi le metteur en scène.
Un patron de café décide d’offrir un grand feu d’artifice à ses clients, mais la météorologie semble peu propice…
La représentation se déroule dans un espace scénique superbement réussit. Elle s’articule au tour d’un ponton tournant. Les comédiens maîtrisent la magie de transporter le public, d’une scène à une autre dans un bar, devant la fontaine principale de la ville, dans une gare, dans les profondeurs des rêveries mais ils reviennent toujours au café.
La pièce est un spectacle tout en mouvement où s’alternent monologues, dialogues danses et musique.
Les récits des acteurs, se soulignent tantôt par la naïveté, tantôt par l’absurdité pour rejoindre une conclusion subjective dans les spectateurs.
La représentation de «l’artificier» magistralement jouée par Doris Vuilleumier est muet. Elle déploie ses talents d’actrice et de danseuse jouant une résonance émotive au travers de la plasticité de son corps à la fin des dialogues.
La musique,de l’ancienne URSS, accompagne en toute harmonie les mouvements des comédiens.
Dans le dernier tableau et au moment si attendu des feux d’artifices, la prestation de Catherine Fragnière dans le rôle de Karl Valentin est parfaite. Mais le personnage le plus étonnant est Liesl Karlstadt, la chanteuse insoucieuse, incarné avec une grande maîtrise par Jean-Paul Favre. Il pousse la parodie jusqu’à l’extrême, tantôt par sa gestuelle tantôt par le chant.Ce voyage au travers des scènes de la vie quotidienne invite à prendre la vie du bon côté.
A la fin de la représentation , le public a ovationné les comédiens à trois reprises, un vrai plaisir pour eux.
V.vA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *