Un petit tour en enfer avec Georges Romero…

LE TERRITOIRE DES MORTS (LAND OF THE DEAD) – Georges A. Romero, l’un des maîtres du film d’horreur, revient au genre qu’il a créé : le film de zombies. Film d’horreur efficace, son dernier né se fait également l’écho de la situation politique actuelle.

L’HISTOIRE : Quelques temps après la propagation inexpliquée d’un virus transformant les hommes en morts-vivants, les humains sont contraints de s’habituer à une réalité différente de celle qu’ils connaissaient. Désormais, ils doivent partager leur Terre avec les zombies. Si ces derniers semblent évoluer avec le temps (ils comprennent, apprennent,…), les humains sont retournés à un état de féodalité. Réfugiés dans des villes-bunker, ils sont organisés en une société de castes, les zombies occupant bien évidemment la dernière marche ; ce qu’ils semblent ne plus vouloir accepter…

En 1968, Georges A. Romero réalisait La Nuit des morts-vivants et inventait du coup un genre cinématographique nouveau: le film de zombies. Généralement flanqué de l’étiquette série B (voire Z), ce dernier possède néanmoins un fan club considérable. En 2004, le succès public et critique de L’Armée des morts de Zack Snyder (remake de Zombie, suite de La Nuit des morts-vivants réalisée en 1978 par… Romero) prouve bien l’engouement que suscite auprès du public un genre longtemps tombé en désuétude. Et c’est probablement à ce même succès que l’on doit aujourd’hui ce Territoire des morts.

A priori, la thématique des zombies n’offre pas une multitude de traitements possibles. On a donc souvent affaire à des films d’horreur sans véritable intérêt (comme ce fut le cas pour Resident Evil de Paul W.S Anderson). En parfait connaisseur de son sujet, Romero savait que la question des zombies avait déjà été traitée de long en large. Le réalisateur italien se devait donc de proposer quelque chose de nouveau. C’est ainsi que les occupants du Territoire des morts sont des êtres dotés d’une conscience (très limitée certes…) et d’une capacité de jugement et d’apprentissage. Grâce à ce bagage intellectuel, les zombies réalisent qu’ils se trouvent au dernier échelon de la hiérarchie sociale, situation injuste qu’ils décident de changer en attaquant les humains. A travers les yeux de Romero, l’opposition entre les morts-vivants et les hommes devient donc une véritable lutte des classes. A cela s’ajoute une dénonciation virulente de certains humains qui, tirant profit d’une situation chaotique, exploitent les peurs du peuple. Sous sa couverture de film d’horreur, le Territoire des morts offre donc un point de vue politique fort intéressant, car très actuel, qui fait que les véritables méchants du film ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

S’il n’hésite pas à prendre position, Romero n’oublie cependant pas que son film est avant tout un film d’horreur et que sa qualité dépend donc en grande partie de la quantité d’hémoglobine déversée à l’écran. Et dans ce domaine, il n’est pas à son coup d’essai : gorges tranchées, têtes arrachées, corps dévorés,… Rien ne manque ! Les amateurs du genre seront comblés, les autres sûrement un peu moins…
Didier Nieto

De Georges A. Romero. USA. 1h36. Avec Simon Baker (Riley), Asia Argento (Slack), John Leguizamo (Cholo), Dennis Hopper (Kaufman),…

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